Heidegger - Etre et Temps (5)

Publié le par Jahman

Chap. 53 : projet de l’authenticité de l’être pour la mort : l’authenticité est le fait de faire face à la possibilité la plus propre (la mort). Il y a deux pôles possibles du Dasein :

  • L’attente inauthentique
  • Le devancement authentique

 

Possibilité et effectivité : la possibilité se situe à un niveau supérieur à l’effectivité. Heidegger pense la possibilité au niveau ontologique comme ce qu’il y a de plus originaire. L’effectivité se pense au niveau ontique. Par là, Heidegger renverse les priorités kantiennes.

 

Le Néant chez Heidegger suit le questionnement sur la mort. La mort est la possibilité la plus propre à chaque instant. En ce sens c’est elle qui détermine la temporalité du Dasein en tant qu’être-pour-la-mort.

L’attente est la marque de l’inauthenticité de notre rapport au futur. Le devancement – le fait de devancer – est l’autre mode authentique de la temporalité du Dasein. Un moment instantané – comme un « clin d’œil » – est toujours tourné vers le futur le plus authentique. La temporalité authentique est marquée par le privilège accordé au futur. C’est le futur qui oriente les « ek-stases ». La préoccupation présente es la perte, l’immersion dans un monde présent qui oubli l’authenticité du passé et du futur. Le présent rattaché au passé ou au futur (attente) est la marque de l’inauthenticité temporelle. C’est par le biais du comprendre qu’on projette, qu’on devance. Dans le devancement vers la mort, le Dasein s’ouvre au Néant. La compréhension s’ouvre sur l’angoisse devant le néant. A partir de l’affectivité primordiale le Dasein s’ouvre, non pas sur le monde (préoccupations, peur), mais sur une indétermination, une possibilité : le néant, l’angoisse. La mort annonce le non-être du monde, le néant. L’être pour la mort est essentiellement angoisse.

 

Introduction du concept de liberté : dans le monde quotidien, l’emprise est telle que le On n’a pas de choix. L’anonymat des rapports nous éloigne de nous-mêmes et nous prive de la liberté. La liberté est pensée dans son rapport au libre-choix face à la finitude. La liberté de choisir est pensée en fonction de l’arrachement au monde quotidien. Le Dasein doit s’isoler pour faire un choix authentique. Le retrait par rapport au monde est nécessaire opur retrouver les autres à partir de cet isolement ontologique..

  • La mort est unique, elle n’appartient  qu’à soi
  • Ouverture du à partir de l’affectivité et de la compréhension
  • Devancement, anticipation
  • Question de la liberté pensée dans son rapport au néant, au fondement de notre être

 

Le Néant : la mort, dans son sens ontologique, fait signe vers autre chose. La question de la mort, par-delà les analyses anthropologiques, psychologiques, physiologiques, laisse la place au questionnement du Néant qui est le véritable questionnement philosophique.

Comment donner un sens à l’être dans la confrontation au néant. Le néant menace le Dasein de priver son existence de sens. La signification de l’être risque de se dévoiler impossible face au néant. Le néant fragilise tellement le questionnement de l’être que toute la tradition occidentale a mis de côté la problématique de la finitude, du néant.

C’est par le biais de la conscience que le néant se révèle à nous à travers l’angoisse et nous donne la possibilité de la liberté. C’est la voix de la conscience qui permet au Dasein de s’arracher au monde quotidien, aux préoccupation. La conscience permet de passer à une simple attitude face à la mort vers une saisie du néant comme tel. Il ne s’agit pas d’un problème psychologique, biologique ni même théologique mais bien plutôt existential et ontologique. Fondement existential, ontologique de la conscience : ouverture du Dasein au monde (compréhension, affectivité, parole). Par l’ouverture au néant, le Dasein est rappelé à sa possibilité d’être la plus propre, authentique.

L’étrangeté existentiale se ressent, à partir de l’angoisse, au moment où on est mis en face de la possibilité du néant du monde. Le monde, en tant que structure du Dasein, tombe dans la possibilité d’un néant. Naît alors le sentiment d’étrangeté, c’est-à-dire le fait d’être mal à l’aise, de ne pas se sentir chez soi. L’appel de la voix de la conscience vient du néant, de quelque chose de plus profond que l’ontique monde. L’appel ne peut être déterminé à partir du monde ; c’est le Dasein dans son étrangeté qui apparaît dans cette voix. L’étrangeté traque le Dasein et menace sa perte oublieuse de lui-même.

Heidegger introduit la dimension temporelle dans son analyse ontologique du Dasein. Par le langage même, Heidegger met en place des inscription temporelles qui vont se préciser de plus en plus. L’ouverture au monde du Dasein va être tournée vers la dimension temporelle. Par le biais de l’étrangeté et du néant, le Dasein s’ouvre au futur le plus propre. C’est une modalité de synthèse du temps qui est ici en question. Comme Heidegger a donné un nouveau sens au terme de « conscience », il attribut également un nouveau contenu au terme de « culpabilité ».

 

Temporalisation du Dasein pensée à partir de l’être-pour-la-mort dans le contexte de l’être-au-monde. C’est la possibilité de l’être pour la mort qui nous confronte au néant. La possibilité c’est celle du non-être du monde, et donc de la finitude. La conscience gravite entre deux pôles.

Chez Kant, un des critères de la vérité c’est l’universalité. Dans la Critique de la raison pratique, la règle morale doit pouvoir être universalisée pour être vraie. Heidegger critique cette conception kantienne de la vérité car il part du « chaque fois mien ». Pour Heidegger, le critère garant de l’objectivité du jugement, l’universalité kantienne, appartient à la conscience publique, la voix du On. Pour Heidegger, la conscience doit ramener à la subjectivité, et non à l’universalité.

Schuld = dette, culpabilité

L’être du Dasein est le souci : facticité, existence, échéance :

  • Facticité → passé → jeté à partir d’un passé
  • Existence → pro-jet → jeté vers l’avenir à partir de l’existence
  • Echéance → présent → impliqué dans un monde de présentification

 

L’existant ne peut être libéré qu’à partir de soi-même en trouvant l’être dans l’ouverture, le Da – là – du Dasein, de l’être-là.

A partir de la culpabilité, Heidegger arrive à une autre définition du néant. Nous existons en tant qu’être jeté, mais nous sommes jamais maîtres de nous-mêmes, de notre être-jeté. A partir de là, Heidegger interprète la nullité. La nullité signifie que le néant est constitutif du jet de l’être-jeté. « Le souci est, dans son essence, entièrement constitué par la nullité », le néant (p.285). Heidegger pense la dette en terme de nullité, nous sommes toujours fondés sur un néant. La nullité existentiale n’est pas une privation.

Critique forte de la philosophie hégélienne et de Marx. Pourquoi penser la nullité, la négation en des termes dialectiques ? Pour Heidegger, le néant, loin d’être un moment d’un processus dialectique, est fondamentalement constitutif de l’être du Dasein.
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Publié dans Etude d'un philosophe

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H
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