Heidegger - Etre et Temps (1)
Etre et Temps
Heidegger
Triple structure du Dasein :
- Facticité
- Echéance
- Besongen
Distinction entre existential (être, ontologique) et les catégories (connaître, ontique). Ce qui importe, c’est de percevoir la différence ontologique entre l’être et le temps.
Le Dasein existe sur le mode d’être-au-monde. Heidegger remet complètement en cause les manières de penser venant de la métaphysique en introduisant le concept d’espace. Heidegger critique l’idée cartésienne de l’espace (sujet délimité par rapport aux objets extérieurs). Pour Heidegger, il y a un espace préontologique, préréfléchi. Cette spatialité est un mode d’être du Dasein, pensé ontologiquement en terme de monde. L’être-au-monde du Dasein, avec la facticité qui lui est propre, jette, confronte l’être avec le monde de manière essentiellement préréflexive. La préoccupation est une structure fondamentale de l’être-au-monde.
La philosophie moderne conduit l’homme vers un monde de plus en plus fermé, constitué de représentations. L’aboutissement de la philosophie moderne, de Hobbes à Nietzsche, est un contournement de la vérité dans la sphère intérieure de la conscience, de la représentation. Il s’agit donc de sortir de cette conscience pour saisir l’essence des choses, la sphère extérieure, le monde des objets. La connaissance des choses doit passer par l’être (fondamental) au lieu des représentations et des catégories (secondaires).
Le connaître est un mode d’être du Dasein, de l’être-au-monde. La connaissance n’appartient pas un cogito (« je pense donc je suis » de Descartes) mais au sum, à l’être directement. Le Dasein est capté, il est prit, il est engagé dans un monde. En premier lieu, il y a l’engagement, l’agir dans le monde qui presse le Dasein avant même qu’il en soit conscient (ontique, monde des représentations et des catégories). Avant la pensée, le cogito, il y a l’être préréflexif, premier. C’est pour cela que la connaissance relève de l’être. C’est la praxis, l’action qui est première et qui confère au Dasein son mode d’être intriqué, entremêlé dans le monde.
Dans le chapitre trois d’Etre et Temps, Heidegger s’attache à rechercher l’essence du monde, la mondanéité du monde, c’est-à-dire ce qui fait être le monde, ce qui fait que le monde est monde. Il s’agit de définir le statut ontologique du monde. La mondanéité relève de la structure, du caractère du Dasein. Toutefois, on doit passer par l’étant pour découvrir ce qu’est réellement le monde.
Dans Etre et Temps, Heidegger distingue l’ontique ou catégorial et l’ontologique, l’être-au-monde. Pour Heidegger, la « nature » est une notion catégoriale. La nature est toujours à penser au niveau ontique ou catégorial.
L’essence du Dasein s’enracine dans son existence. Ce qui est fondamental, c’est la question de l’être qui touche seulement à la mondanéité, et non pas à la nature.
Umwelt, c’est l’environnement, le monde des objets et des étants qui me préoccupent : il s’agit d’une sphère du souci, de la préoccupation à l’égard de ce qui est présent, de ce qui m’entoure.
L’outil est ce qui fait l’objet de mes préoccupations. L’outil est essentiellement « quelque chose pour ». En toute rigueur, l’outil n’existe pas, n’a pas d’existence propre, séparée de son environnement. C’est par sa fonction que l’outil prend son sens et son existence, son utilité. Ce qui est existe, à proprement parler, c’est une structure dans laquelle l’outil s’insère. L’outil s’enracine dans cette structure et y puise son sens. Ceci est le paradigme de la mondanéité.
Les choses ne commence pas par se montrer pour elle-même mais s’imbriquent les unes pour les autres. C’est d’abord une structure qui existe, avant tout objet singulier.
La mondanéité, ce n’est pas la res extensa, la chose étendue.
Le statut ontologique de l’outil c’est être à porté de la main. L’être de l’outil apparaît dans la structure ontologique du monde ambiant, de l’environnement, de ce qui est à porté de la main.
La théorie, la présence / subsistance des choses est toujours fondée sur une activité / praxis préalable, c’est-à-dire la relation à l’outil.
Ce qui perdure, c’est cette structure du monde ambiant, la relation à l’outil. L’outil, en lui-même est sans signification, il est interchangeable, il ne compte pas pour la pérénité de l’être-au-monde. La structure éternelle, toujours déjà là – avant tout réflexivité – est bien l’être-au-monde.
Monde public : le sens de l’outil appartient au monde des objets qui interviennent dans le monde ambiant, la préoccupation appartient à la publicité du monde.
La publicité occulte tout.
Le rapport à autrui :
La philosophie de l’autre chez Heidegger est une dimension fondamentale de l’expérience.
Chap. 4 : être-au-mode en tant qu’être-avec et être soi-même.
Heidegger veut rompre avec la notion de généralité quant à la question « qui ? » du Dasein. Au « qui suis-je ? », la philosophie moderne répond toujours par une structure générale abstraite :
- Le cogito chez Descartes
- La conscience en générale chez Kant
- L’esprit chez Hegel
Locke (identité du moi principalement caractérisée par la mémoire), Hume (privilège de la perception dans la constitution de l’identité) et Kant (unité conceptuelle du moi antérieure au moi empirique) produisent tous une analyse de l’identité du moi qui se situe au niveau ontique. Pour Heidegger, il n’y a rien d’ontologique – de fondamental – dans ces conceptions de l’identité. Heidegger déplace l’enjeu du niveau ontique (conscience, donation de sens) au niveau ontologique (être, existence). Heidegger radicalise la démarche de Husserl. Pour Husserl, la conscience s’appréhende au niveau d’un temps phénoménologique, c’est-à-dire par la synthèse des actes de la conscience. Cette synthèse est la condition de possibilité de la conscience. Heidegger déplace cette constitution de l’identité du moi et de la conscience au niveau plus fondamental de l’être en s’attachant aux conditions de possibilité non plus de la conscience mais de l’existence, de l’être. Si Heidegger se détache des conceptions de Locke, Hume, Kant et même de Husserl, c’est que ces auteurs relèguent la constitution de l’identité au niveau empirique, psychologique, général abstrait. Pour Heidegger, il s’agit de voir la singularité de l’ipséité dans le moment présent et non dans une abstraction conceptuelle. La singularité concrète de l’être est toute autre chose que le moi empirique ou les diverses définitions de la conscience proposées de Locke à Kant et Husserl. Heidegger pose la question de l’être et c’est à partir de l’être qu’il pose l’identité singulière du Dasein.
Heidegger s’interroge sur la quotidienneté du Dasein. Le sujet de la quotidienneté c’est le « On ». Le statut anonyme du Dasein est ancré dans la manière de parler. Ce « On » c’est l’anonymat du Dasein dans sa quotidienneté, son oubli, sa distance et son aliénation. Cette généralité, cet anonymat de la conscience en générale s’enracine dans le concret, trouve sa source dans la quotidienneté. Dans la généralité, le Dasein n’est pas lui-même ; il s’agit d’un mode d’être inauthentique. Il s’agit d’un mode d’être déterminé par la perte de soi. Cela vient du fait que le Dasein est capté par la mondanéité (monde des objets ; structure de ce qui est porté de la main) mais surtout par les autres. Il s’agit de dégager l’être du Dasein de l’opacité quotidienne, de la généralité.