Vendredi 24 février 2006

La qualité de la réflexion est fonction de la conscience de soi. Plus on se connaît et plus notre faculté de juger se rapprochera de la vérité – qui englobe toutes les vérités jugements de chacun et les dépasse.

 

Il faut sortir de soi, de ses représentations figées et perverties par le miroir déformant, le filtre, la pollution accumulée au cours de notre existence/assé, il faut se détacher de son moi, prendre ses distances à l’égard de son environnement intellectuel, culturel et communicationnel, il faut s’élever au-dessus du réel  pour mieux l’observer, se placer à la croiser des chemins et oublier sa nature humaine, sa constitution physiologique, bref avoir conscience de tous les déterminismes qui entravent l’élaboration de la réflexion saine.

 

Déjà Kant disait « penser en se mettant à la place de tout autre ». Il s’agissait d’élargie sa vision, son champ de représentation.

 

Aujourd’hui, il s’agit d’avantage d’ouvrir son ego sur l’extérieur ; étape supplémentaire pour mes contemporains sur les chemins de la connaissance Ultime.

 

Rédiger une philosophie :

 

  • Du  moment

     

  • De la finitude infinie (être-temps)

     

  • Du souci

     

  • De la transcendance

     

  • De l’authenticité (qui est liberté)

     

  • Des limites

     

 

Les limites et leur dépassement, leur transgression, sont la spécificité de l’homme. Se sachant fini (espace, temps, matière) et soumis à toutes sortes de forces, lois et déterminismes naturels et aussi sociaux, biologiques…, l’homme n’a pour fin ultime que de dépasser ces/ses limites. Le dépassement (débordement/élévation) des limites, l’expériences des bornes, des frontières matérielles/humaines se fait  transcendance des concepts de l’esprit. Enfeindre ces lois, déterminismes, voilà ce qui peut apporter à l’homme son désir de vivre, son sens à l’existence.

 

Car, paradoxalement, le dépassement des limites est à rapporter aux forces vitales les plus puissantes qui sommeillent en nous, forces d’éveil proprement spirituelles où l’esprit n’a qu’un désir, but, celui d’exister, de se projeter hors de (son enveloppe charnelle, monde, réalité), de s’abolir et mourir dans la totalité (la totalité étant par nature sans limite, infinie).

 

La philosophie du néant, le nihilisme absolu – du point de vue conceptuel, de la pensée purement réflexive – sont des philosophie de célébration de la vie, donc de la joie ; la joie  d’ek-sister ; c’est l’expérience de la plénitude infinie, le dépassement des limites par l’esprit, le rapprochement d’avec le monde des Idées vécues, sensibles, c’est l’exploration d’un monde qui n’est plus mien, égotique mais de l’universalité, d’un monde où le Je est dissous, intégré au Tout, l’expérience d’une vision pure de l’Idée.

 

L’approche de ces limites se fait par l’expérience des extrêmes. Et lorsque la pensée abolies ces extrêmes en bouclant la boucle, en refermant le processus, elle opère un renversement sur elle-même.

 

L’expérience des limites, expérience transcendantale, se fait par le « surplombement » (Kant) de l’esprit  au-dessus des catégories sensibles, représentationnelles de la réalité, que sont l’espace et le temps. Dépasser ses limites spatio-temporelles, c’est ce vers quoi l’homme est inconsciemment poussé par son désir d’exploration de l’inconnu, du néant, de la mort. Cette expérience négative est le fait des impulsions des forces de vie qui sommeillent en nous.

 

C’est cela la différence radicale qui fait de l’homme un être sipirituel, vivant avec et dans l’espoir d’une communication infinie, avec l’espoir d’acquérir la connaissance de ce qui n’est pas – sous-entendu de ce qui n’est pas moi/Je – de l’ineffable.

 

Dans cette aventure de l’humain, la création – artistique surtout mais pas  exclusivement – est un des outils privilégiés pour découvrir la Vérité-Dieu.

 

Le sublime est ce qui est incompréhensible à la raison, indicible à la parole. Le sublime concerne tout « objet » sensible qui se trouve  hors les limites de la raison. Trop éloigné de notre finitude humaine (circonscrit à l’intérieur des limites physiques et spatio-temporelles notamment), le sublime ne peut être appréhendé que par une vision intérieure profonde, et ne provoque la joie de l’observateur que dans la mesure où celui-ci se trouve dans l’impossibilité d’en rendre compte totalement car l’objet se trouve hors des limites, normes, catégories de l’« entendement subjectif ». C’est par la transfiguration des règles, normes établies qu’une société évolue, « progresse » ou qu’un individu exprime son goût créatif, ses capacités libres, libérées de toute contingence, et ceci dans la plus haute perfection, celle de la nature.

 

Kant produit la 1ère pensée, dans la philosophie moderne, de la finitude radicale (différence).

 

Hegel : pour une philosophie de l’identité.

 

Il s’agit d’étudier l’objet de l’intérieur, indépendamment du cadre historique, social, culturel et de l’enveloppe (parfois un simple halo) de la forme ou du média. C’est donc le sens, le fond, le message, bref, l’Idée, qu’il s’agit d’extraire de tous ses oripeaux. Il faut rendre à l’objet sa quintessence, son essentialité.

 

Deux choses donc :

 

  • L’observateur se situe à l’intérieur du système étudié, en dehors donc de lui-même. Sa subjectivité fait référence, et non pas sa soit-disante objectivité (subjectivité de raison dogmatique)

     

  • L’observateur doit, dans un 2ème temps, extraire le système étudié – et lui-même – des déterminismes extérieurs.

     

C’est donc dans le « Néant total » que l’on doit étudier tout système philosophique.

 

Puis, ensuite, il s’agit de restituer les éléments historiques (philosophie de l’histoire et histoire de la philosophie) propre au système étudié.

 

Ce qui est incommunicable par la raison, la parole, doit se faire au travers de l’information sensible, de l’œuvre d’art. Ce que l’esprit ne peut  saisir doit être découvert ressentie par le cœur. Car la beauté, le cœur, le sensible transmettent une réalité plus complexe que la parole/raison, communiquent une vérité plus haute, étendue, infinie que l’esprit ne peut saisir dans son ensemble, dans sa complexité, dans sa totalité, dans son unité.

 

par Jahman publié dans : épistémologie - la pensée
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Mardi 21 février 2006

Thierry de Freiberg (1250-1320), mystique allemand influencé par Albert le Grand et Maître Eckhart, avait déjà eut, en son temps, l’intuition profonde que la réflexion est le commencement autant que l’origine de tout et notamment de la contemplation divine. R. Misrahi reprendra pour une grande part son enseignement, dans son livre Lumière, commencement, liberté. Leur 2 thèses sont en fait très proches l’une de l’autre même si Misrahi, contemporain du 20ème s., va plus loin, et, de par sa terminologie, est d’autant plus explicite, compréhensible qu’il fonde toute sa réflexion, sa thèse, et par-là son « argumentation », son exposé sur le plan de son œuvre.

 

Devenir philosophe c’est donc recevoir l’illumination, avoir l’intuition, où tout simplement prendre conscience que la réflexion fonde le premier et véritable commencement de toute philosophie dès qu’elle a pour objet elle-même. Pour Misrahi, il existerait deux manières de provoquer la réflexion – du commencement :

 

Ø      L’expérience mystique d’un Plotin ou d’un Eckhart

 

Ø      La métaphysique ou le trvail de réflexion sur l’homme

 

J’en ajouterai une troisième :

 

Ø      L’expérience visionnaire d’un Aldous Huxley par exemple.

 

De ces trois formes « pures », « archétypales » en mesure d’apporter à chacun – sous condition d’un travail individuel, intérieur, sur soi – la Vision de Dieu, c’est-à-dire de « soi-même intérieurement », découle et se greffe autour une multitude d’avatars plus ou moins pervertis et dégradés (morales, dogmes, religions, doctrines, « sagesses », croyances populaires…). Connaître Dieu c’est être soi pour soi, par soi, dans soi. Ce triple mouvement de réflexion, réfléchissement, retournement, est le véritable commencement dans le sens où l’intellect agent s’illumine à la pointe de l’âme, pour paraphraser la mystique rhénane. L’intellect agent est bien cette conscience d’être (Thierry de Freiberg) au Fond de l’âme, l’image de Dieu.

 

Si la philosophie, la réflexion sur soi, est personnelle et individuelle, c’est qu’elle est une production de l’intellect, une évolution de la conscience dans un mouvement intérieur / par un travail intérieur, forgé par une accumulation d’expérience qui forment la vie même de l’être.

 

Cette production purement intellectuelle peut être livrée à autrui mais uniquement comme témoignage, sûrement pas comme prêt-à-penser, comme modèle ou vérité « une et définitive ».

 

En outre, la production littéraire, la « suréflexion » de l’écrit (R. Misrahi) est une manière proprement humaine de s’immortaliser en laissant une trace dans l’histoire, une marque dans le temps, la preuve de son existence dans le passé qui perdure dans le futur. L’individu ainsi intégré à l’Histoire, au temps cosmique et mythique s’offre une part d’éternité qui le rapproche du statut divin, sans pour autant l’acquérir ontologiquement ( = substitut, prothèse). Car l’homme ne peut être – vivant – l’Un, fondement de Tout. Il n’est qu’une infime partie, fragment de ce Tout, et une fois mort, il réintègre ce Tout qui est la vie même, le Moi n’ayant plus d’existence réelle.

 

Mais alors, qui suis-je quand je produis une réflexion philosophique ? Qui peut véritablement créer une pensée, forger une idée ? Plusieurs hypothèses s’offrent à nous :

 

1.      Dieu, et l’homme est Dieu

 

2.      Moi et uniquement moi

 

3.      L’inconscient

 

4.      Un esprit, une âme, un flux ou une énergie qui n’est ni moi, ni l’inconscient mais un produit de la nature

 

5.      Le Soi, mais qu’est-ce que le Soi

 

6.      Autre chose encore ? Des combinaisons entre ces agents ?

 

par Jahman publié dans : épistémologie - la pensée
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Lundi 20 février 2006
La pensée ternaire, fondée sur le « tiers-inclu », est opposée à la pensée binaire, au dualisme cartésien selon lequel A ne peut être non-A. Il faut au contraire relier les opposer et les dépasser, les transcender. Il faut unifier le sujet et l’objet, la liberté et la contrainte. « Le « tiers-inclus » est l’insaisissable élément qui relie un niveau de Réalité à un autre. »
par Jahman publié dans : épistémologie - la pensée
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