Lundi 28 août 2006

Après s'être isolé et avoir enlevé toutes pensées fausses ou incertaines de son esprit, après avoir tourné son regard à l'intérieur de soi, on découvre que seul « Je » existe, seule et unique certitude qui, par ce retournement de la pensée sur soi permet la découverte, l'apparition comme nouvelle naissance, d'un autre moi (moi-même). La réflexion sur soi doit amener la réflexion sur elle-même. Ce réfléchissement de la pensée est le fondement de toute connaissance valable car personnelle. La vérité n'est réelle, vraie que « pour moi en présence de moi-même ».

C'est un véritable fondement de sa philosophie que ce processus permet.

Mais ce n'est pas le seul moyen susceptible de produire ce réveil de la conscience intérieur. Beaucoup d'évènements permettent cette véritable contemplation de Dieu. (Rousseau, Pascal, mais aussi transe, extases et drogues qui permettent une modification de la conscience). Mais tout cela est conditionné par l'individu, son histoire, ses dispositions, ses capacités, sa nature propre. Le doute, la solitude, le vide, le néant, l'incertitude totale, l'éloignement (intérieur ou extérieur), la coupure d'avec le monde, le temps et l'espace, autrui, sont assurément des conditions qui privilégient cette séparation d'avec soi-même, séparation intérieure, vision de Dieu dans une lumière des plus pures, accession au contentement dans toute chose, connaissance absolue et foudroyante du monde (matière, réalité, choses, objets) et de l'être.

A partir de là, l' « éveil » comme commencement de l'existence est possible ; cela implique une triple séparation :

•  Séparation intérieure

•  Séparation d'avec autrui (différence, marginalité)

•  Séparation d'avec le monde (vide, réalité fuyante)

Mais cela n'est que temporaire. Certes difficile mais nécessaire, car permettant une réflexion de plus en plus profonde et complexe qui paradoxalement plonge de plus en plus l'homme dans le vide. « Attiré par le vide » (HFT), celui-ci peut commencer sa réflexion, son existence, c'est-à-dire devenir son sujet de recherche comme acte de philosopher au sens le plus pur. La réflexion sur soi-même ou, plus précisément, sur la conscience d'être, ici et maintenant , sur l'activité du cogito cartésien, trouve sa raison d'être, sa justification dans la séparation c'est-à-dire dans la réflexion sur l'extériorité (qui forcément s'oppose à notre intériorité, notre être le plus intime), sur la dualité de l'Un.

La connaissance de toute chose ne doit faire confiance qu'aux idées, qu'à ce qu'étant déjà inscrit en nous comme « réalités pré-existantes », données par Dieu (différent de préjugés, opinions ou connaissances sensorielles, imparfaites). Par la fondation de cette philosophie, l'assemblage de ces connaissances nouvelles, premières et véritables, c'est une nouvelle existence, la création d'un nouvel homme qui advient.

Il est dès lors possible de vivre dans le réel, et cela dans le réel même, c'est-à-dire dans le présent, dans l'éternité, à l'intérieur de Dieu, dans Dieu, « le temps libre et absolu ». Il faut partir du passé pour aller vers l'avenir en vivant dans le présent, dans la présence même de l'être ; car « le temps, c'est l'être » (A. Comte-Sponville). Ce n'est pas le temps qui passe mais l'homme qui le traverse (NAP) Il n'est possible de vivre que dans le présent (la conscience n'a conscience d'elle même qu'au présent, même dans le futur ou le passé, le temps vécu est un instant présent) car le passé n'est déjà plus et le futur n'est pas encore. Mais le présent n'est pas cet instant entre le passé et le futur, c'est plutôt, comme on l'a vu, l'éternité – mais aussi la matière, l'être. Par là on est amené à réfléchir sur le paradoxe d'un être fini (borné par la mort et la naissance notamment) et l'idée d'infini à laquelle on peut attribuer avec Descartes la qualité d'être une idée présente, consciente, existante avant celle du fini, de l'être. C'est cet enferment, cette aliénation de l'homme à sa condition, à la nature (mortel, dépendant, imparfait), que l'on doit dépasser par la réflexion intérieure. La liberté, le libre-arbitre mais aussi la conscience d'être et d'être un être pensant, n'ayant pour seule connaissance que la substance même des chose, peut permettre à la puissance de devenir acte et, par là, d'exister dans le réel même. Mais, être présent au monde, à la réalité implique de concentrer son attention (mais aussi et d'abord son intention), sa vigilance, sa pensée à la seule présence de l'instant vécu comme éternité.

D'autre part, sachant la pensée créatrice de réalité et de vérité – vérité pensante, personnelle car toute vérité n'est vérité qu'à, par et pour soi-même dans le présent – il faut être prudent dans ses choix (libre-arbitre). Les passions, les sensations, les émotions sont pourvoyeuses en informations riches et souvent mal appréhendées et perverties. Il faut donc s'en méfier et les utiliser avec le concours de la volonté et de l'intellect.

par Jahman publié dans : Temps
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Dimanche 12 mars 2006

Il n’y a que du plein, pas de vide, ou, ce qui revient fondamentalement au même, il n’y a que du vide et pas de plein.

Le point de la durée vécue sans contraintes ou contingences est le temps libre et pourtant conscient. Sur cette ligne temporelle d’une conscience (durée) il n’y a rien devant qui puisse arrêter sa progression, aucun obstacle (réconciliation), aucun objet particulier qui viendrait limiter ou clore cette temporalité vécue. La liberté est l’éternité.

 

Le Livre de la Vie, le plus gros livre du monde, est ce temps-là. Présence (occident) et vacuité (orient) sont une seule et même chose si la présence est totale et la vacuité absolue. On nomme cela l’Un car dans l’Un les contraires s’unissent. L’Un est transcendant car il est au-delà de l’existence, du monde et de l’homme, de la pensée. La transcendance est le mouvement qui va au-delà des règles de la logique en ce qu’il dépasse infiniment la pensée (entendement, raison, logos, intellect). Ce mouvement transcendant part d’une conscience individuelle pour s’élever à une dimension supérieure (totalité…). Cette conscience est déconnectée du mental en ce qu’elle n’est pas en état de cogitation, elle n’applique pas son intellect à un objet mais laisse être le multiple-à-lui-même. C’est une conscience non-réfléchissante. C’est en passant d’une vibration à une autre (encore faut-il trouver la bonne fréquence), en ralentissant le rythme vibratoire / ondulatoire du psychisme, qu’on fait naître le mouvement transcendant, tout au moins on rend possible ce mouvement en établissant les meilleures conditions pour passer au-delà de soi-même, tout au moins à regarder au-delà de soi-même. Car dans l’extase, on ne fait que voir, entr’apercevoir les réalités éternelles, les essences réelles (Platon). Peut-être l’intensité du moment éternel est-elle fonction de celle de la conscience. Le rythme de la fréquence consciente doit être inversement proportionnel à celui de la Présence-Vérité. En réduisant au maximum la tension, en rapprochant au plus près les vibrations psychiques du 0 absolu, on se rend capable de Dieu, apte à passer de l’autre côté de la rive. En d’autres termes, on établi les conditions adéquates à la vision éternelle. L’intérieur se purifie par cette diminution asymptotique de la fréquence / tension consciente. La conscience est alors plus souple et fraîche, moins encombrée, moins chargée, c’est-à-dire qu’elle commence à se détacher des lois de la matière / nature ; elle s’affine et devient légère et subtile.

 

C’est le paradoxe : en ralentissant le rythme de la tension psychique et mentale, on s’aperçoit d’une légèreté et d’une rapidité / célérité de l’esprit. On passe – intermédiaire – par le niveau de l’esprit, situé entre la conscience habituel / le mental et l’âme éternelle. Dans l’état conscient de l’esprit pur, le rythme psychique est si proche de 0 que le niveau esprit peut commencer à se faire voir, à percer le flux psychique. La réduction du rythme psychique atténue, puis supprime complètement, le voile de la réalité, maya, et laisse place à l’émergence de l’esprit sur le mode luminescent – qui est sa nature propre (Esprit = Vie = Lumière). Auparavant sombre et obscur, l’esprit-lumière demeurait inconscient, invisible, inexistant, en dehors des fréquences vibratoires du conscient habituel, mais maintenant qu’on a pratiqué la vibration tensionnelle, la lumière naît d’elle-même car l’esprit vibre à la vitesse de la lumière. Quand cette dernière est pure (sans tâches), le sujet complètement absorbé dans son éclair, la conscience vibratoire du conscient réduite à zéro devient alors identique à la fréquence de l’esprit-célérité. D’où sentiment de vitesse (alerte, attention) et la sensation de fraîcheur / souplesse / légèreté de l’ « esprit/conscience-témoins ». C’est seulement de ce niveau « esprit » que l’on peut atteindre celui de l’âme. La transcendance qui uni l’homme et Dieu se passe au niveau de l’âme car cette extase est le résultat de l’identification de l’homme / conscience, au niveau de l’esprit, avec l’âme, le principe divin. Le premier moment se passe entre le moi/ego et l’esprit ; le second moment entre l’esprit et l’âme.

L’esprit est lumière = 1ère transcendance

 

Mais, oh !

 

L’Esprit est vivant = 2ème transcendance

 

Et l’Esprit s’est fait âme. Et l’Âme est Dieu. Retourné à son principe originel (fan) qu’est l’âme (yeh, la racine), l’esprit regarde ce qui le fait rayonner et voit le néant, l’absolument rien caché derrière la lumière. C’est le point mort, le point obscur qu’est le néant qui est la source productrice de lumière-esprit. L’esprit, dans l’acte d’amour, rejoint sa demeure, sa source-néant dans l’absolu don de soi et se découvre uni à son âme. Tout le temps de l’expérience, la conscience-témoins est là qui regarde, les yeux brillants, émerveillée, les splendeurs de l’esprit et de l’âme dans leur union amoureuse, leur don réciproque, leur fin/achèvement l’un dans l’autre, l’un pour l’autre. L’union/fusion de l’esprit-néant et du néant-âme se voit par la conscience qui est alors dite en extase, car ce n’est plus elle-même ni même l’esprit (naturel, totalité, être) mais l’âme (néant, silence, infini-absolu). En s’auto-réduisant en néant, source de lumière, l’esprit vient se fondre dans l’âme, s’abolir dans l’acte du don/amour. Dès lors, c’est la grâce qui fait le reste, Dieu lui-même qui s’abaisse jusqu’à l’homme, naît en lui (transformation) car il ne reste plus que l’âme pure en cet homme. N’étant plus qu’âme, ce sujet conscient est divinisé sur le champ (Christ), par nécessité spirituelle si je puis dire. La conscience ne peut que voir ce silence éternel, cet esprit vivant. Il ne peut être question d’une transformation ontologique mais seulement d’une expérience de connaissance, une perception de la conscience-témoins, exposée à la lumière de l’esprit (1er temps, négation de la position) et du néant de Dieu (2ème temps, négation de la négation), mais jamais cela ne passe par le canal du mental (appropriation, saisie intellectuelle, possession par le discours).

 

Transcendance est union d’un plan de référence, d’un niveau de conscience à un autre. Cette élévation du degré de la conscience, de la clarté d’esprit, et finalement, de la présence (sentiment du réel, vie) ne peut se faire sans abnégation et rejet successif de tout ce qui n’est pas soi (détachement) pour enfin rejeter l’orgueil (dépossession, abandon), l’orgueil de vivre, d’exister, qui préside à la formation du « je ». Il s’agit en somme d’une purification en bon et dû forme.

 

Vaillant sera le guerrier au cœur pur s’il ne veut pas trébucher et se perdre. Téméraire et chantant sous la pluie pour la Gloire de Jah la vie des êtres ici-bas, il ira sur le toit de la maison, le brisera. Sans attache, le solitaire maintiendra son esprit en éveil. Sans jamais faillir, il ne feindra pas et ne trompera pas sa conscience-mémoire. Ne pas se mentir pour que le livre de la vie ne se referme pas. Combattant sans défaillir les démons qui l’assaillent de toutes parts, le guerrier se montrera chaleureux en toute occasion et n’hésitera pas à donner, cela pour l’amour de Dieu. Il se gardera de parler et en profitera pour garder le silence. Il redoublera de vigilance attentionnelle à chaque instant de son existence pour que rien ne manque à la réalité et que s’éveille l’esprit et que brille la lumière. Dépourvu de rancœur, le guerrier gardera toute sa noblesse d’âme et – surtout – sa liberté intacte, sa seule et unique possession, ce qui le maintient encore dans ce monde. Grandeur et liberté s’interpénètrent et se donnent sens l’un l’autre. L’absolue dépossession (le mouvement de dépossession qui s’achève dans la dépossession de la dépossession elle-même) est ce qu’on appelle « liberté totale », transcendance, union des couples d’opposés……

 

 

par Jahman publié dans : Temps
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Vendredi 3 mars 2006

Volonté temps accumulation
C’est l’homme qui traverse le temps et non le temps qui passe ou qui s’écoule dans la vie de l’homme, d’un homme


Un temps = un homme
Le temps = l’homme

Le temps peut être appréhendé de manière immobile et pré-définie. L’homme suit ce chemin qui le guide – parfois s’égard – dans l’Histoire (cf. révolution française) – mais ne l’empêche pas d’agir et d’être (le temps ne limite pas, il étend à l’infini des possibilités), d’être maître de son destin, car tout réside dans le pouvoir de la volonté. Mécanique, absurde mais performante.

A-t-on conscience, même inconsciemment, du temps que l’on n’a pas connu vivant, post-natal ? (temps fœtal, pré-fœtal et passé des ancêtres, temps historique ou Progrès, évolution). Le monde a-t-il (ou est-il) quelque chose de concret sans l’existence humaine ? S’il dure plus longtemps qu’une vie humaine qui traverse en un éclair l’éternité de la Vie (et qui n’a donc pas prise sur le temps), le temps passé, l’Histoire (= temps + existence de l’homme) ont-ils quelques chances de rester en l’homme – dans son être le plus profond, avant sa naissance et/ou après sa mort.
En tout cas, l’homme vivant, ayant conscience d’exister n’a aucune prise sur le temps et donc sur les évènements (perpétuels concours de circonstances), il ne peut influer individuellement, à titre personnel, sur l’ordre du cosmos (car l’homme n’existe que par ses semblables, que parce qu’il fait partie d’un tout). Cause : l’homme n’est pas tout seul, de plus, son action s’adjoint à celle de milliard d’autres.

par Jahman publié dans : Temps
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Lundi 20 février 2006

Quelle est la vertu du temps ?

 

·        formation de la pensée

 

·        modification du contexte humain, c’est-à-dire historique.

 

Le temps est une création humaine. Le temps humain s’oppose au temps céleste ou « divin ». Le temps a une réalité historique, humaine dans le sens où il caractérise l’existence de l’homme. C’est par le temps et l’inscription de l’homme dans celui-ci mais jamais sa participation° (qui n’est qu’apparence, mirage), sa marque sur l’histoire que l’être humain existe ou plutôt croit exister. Mais qu’en est-il réellement : tout ceci n’est-il qu’un leurre. Si le temps engendre et permet l’existence humaine sa suppression enlève-t-elle automatiquement et systématiquement toute VALEUR à l’existence de l’homme sur terre. La réalité de cette existence est-elle en définitive fonction du temps ?  Ou, au contraire, le temps perverti-t-il la véritable « vie-existence » de l’homme.

 

par Jahman publié dans : Temps
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Lundi 20 février 2006

Volonté temps accumulation

C’est l’homme qui traverse le temps et non le temps qui passe ou qui s’écoule dans la vie de l’homme, d’un homme

Un temps = un homme

Le temps = l’homme

Le temps peut être appréhendé de manière immobile et pré-définie. L’homme suit ce chemin qui le guide – parfois s’égard – dans l’Histoire (cf. révolution française) – mais ne l’empêche pas d’agir et d’être (le temps ne limite pas, il étend à l’infini des possibilités), d’être maître de son destin, car tout réside dans le pouvoir de la volonté. Mécanique, absurde mais performante.

 

 

par Jahman publié dans : Temps
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