Dimanche 13 mai 2007

La position corps comme préalable à la philosophie

Je crois que les philosophes occidentaux ont sous estimés l’importance accordée à la position du corps. C’est là tout le mérite des philosophies orientales, tel le taoïsme, qui, à l’inverse de leurs consœurs, ont su insérer le corps, la dimension spatiale de l’homme dans leur « vision du monde ». En effet, les philosophies orientales, chinoises, et particulièrement le taoïsme, sont fondées sur la correspondance microcosme / macrocosme. Le corps humain est un tout qui trouve sa place dans le corps universel. Les deux mondes sont interdépendants et, de ce fait, le corps humains doit se trouver en harmonie avec l’Univers, le corps universel. Pour parvenir cette harmonie, le taoïsme préconise une grande variété d’exercices mais surtout, il pense l’homme et l’univers comme une structure ordonnée selon des lois déterminées.

Personnellement, je pense qu’il est de prime importance de prolonger le corps humain vers celui de l’univers, concrètement de tirer la tête vers le haut afin de permettre au corps d’intégrer son orbite qui le place dans l’axe de l’univers. Le fait de prolonger, d’axer la partie sur le tout permet la réintégration cosmique, le retour (fan). A mon sens, le plus important est ce prolonger de l’axe du corps vers celui de l’univers, cet étirement de toute la verticalité corporelle, cette position des membres du corps humain, cette « axatation » modelée sur l’univers. Des pieds à la tête, le corps doit être droit, la ligne verticale doit se redresser de telle sorte que les pieds s’enracine dans la terre, s’ancre sur l’axe horizontal inférieur et que la tête pointe vers le ciel, s’étire et se prolonge vers le ciel, se fixe sur l’axe horizontal supérieur. Ainsi, l’homme médian et médiateur du ciel et de la terre trouve sa place dans l’univers, place de l’« entre-deux ». L’homme est ce qui relie les deux Absolus (qui ne sont pas pour autant relatifs), l’alpha et l’oméga, l’origine et l’accomplissement, la naissance et la mort – Dieu étant l’Un, les deux Absolus. S’il y en a deux, c’est que l’homme est au milieu, séparé de l’Un et toute sa fonction, tout son sens est de relier. L’homme relie, l’homme est religieux, sa structure métaphysique est la relation. Dieu est la relation (cf. Lanza del Vasto et Thomas d’Aquin). La loi existentiel de l’homme est l’ordre divin : la relation.

Or, toute philosophie occidentale s’est irrémédiablement fourvoyée en faisant du corps un élément perturbateur, un obstacle sur la voie de la vertu. Les philosophies grecques, dans leurs « exercices spirituels » et leurs cosmogonies, leurs physiques faisaient encore une place à la matière et au corps, mais cette place s’est vue de plus en plus dévalorisée jusqu’à sombrer dans l’oubli. Or, le corps est essentiel à la philosophie : ne pas s’en préoccuper, tenter de l’évacuer, de l’oublier est un grave leurre tant sur le plan purement intellectuel, théorique que sur le plan spirituel, existentiel. Pour le dire un peu brusquement : on ne peut penser « convenablement » sans axer son corps sur celui de l’univers, sans tirer le tête vers les étoiles et les poser fermement les pieds sur la terre. Il s’agit d’un préalable nécessaire à toute activité philosophique, de méditation sur l’ordre, la loi, la Vérité au fondement du monde et de l’homme. L’activité de la connaissance est ainsi intrinsèquement liée à la position du corps. Cela ne s’invente pas. La contemplation du mystère demande et appelle une position corporelle ordonnée à celle de l’univers – la partie dépendant du Tout. Pour penser « convenablement », il nous faut préalablement équilibrer le corps, avoir les pieds sur terre, tirés vers le bas et la tête dans le ciel, tiré vers le haut, les yeux dans les étoiles. Ainsi, le bas du corps retourne à la terre-mère, la partie corporelle s’unie à la terre, et le haut du corps retourne au ciel-père, la partie spirituelle s’unie au ciel. Cet équilibre, cet bi-unité corps-esprit, donne à l’homme total la possibilité nécessaire à son élévation, les conditions favorables à l’activité philosophique proprement dite (sens restreint, pauvre).

par Jahman publié dans : philosophie
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Mardi 7 mars 2006

La vérité du philosophe réside dans son non-savoir. Tout le savoir du philosophe se fonde sur son inscience. De même, c’est grâce à l’oubli qu’il est possible de se ressouvenir. Sans oubli, le souvenir n’est pas possible, tout comme sans ignorance préalable, le savoir serait impossible. Toute connaissance part de l’ignorance tout comme l’ignorance pose ses limites (espace de l’ignorance et espace du savoir) par rapport à l’étendue des connaissances. On peut donc généraliser ce principe à toutes les qualias. Tout ce qu’il y a dans la conscience, tous ses états, tous les sentiments, les idées, les mots, les significations, les souvenirs et les connaissances, sortent du néant. Tout ce qui se trouve dans la conscience trouve sa source dans hors de soi. C’est sur l’absence, le rien, le creux, le vide et la manque que viennent sortir les données de notre conscience. Tout ce qui se passe à l’intérieur de notre conscience subjective, toutes les opérations (du ressouvenir à l’idée, de la mémoire à la réflexion) émergent sur fond d’un trou. L’activité créatrice prend appui sur la force opposée – et même – elle puise sa force, elle prend sa source dans le néant. Les formes extérieures, apparentes du créé, du monde sensible ne sont que les manifestations du néant à travers notre mode personnel. (humain). Ce que nous sommes, ce que nous voyons, ce que nous faisons quotidiennement n’est que la partie émergée, la pôle connu de la réalité, la parole connue de la totalité du Verbe. Notre réalité, notre mode d’être au monde est le fruit d’une séparation d’avec ce néant originel. A chaque instant de notre existence, on se pose contre notre contraire. On est par opposition au non-être. On fonde notre réalité sur un néant absolu, total. De notre point de vue habituel, on ne peut apercevoir le contraste. Notre réalité n’est qu’une ombre de réalité. Notre existence est le fruit d’une appropriation de l’être, un don de Dieu. Dieu accepte de se séparer d’une partie de lui-même pour créer le monde et l’homme. Il donne de l’ontos à autre chose que lui mais qui émane de lui (création). De même, nous devons renoncer à nous-mêmes, nous nier afin de rentrer dans le néant, notre patrie.

 

par Jahman publié dans : philosophie
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Samedi 4 mars 2006

REFLEXION ET MEDITATION SUR LA PHILOSOPHIE : PRATIQUE ET ACTIVITE

 

Actualité et utilité de la philosophie ?

 

  • La philosophie comme théorie et pratique, comme discours et exercice a-t-elle une utilité, peut-elle s’exprimer en des termes pragmatiques ?

     

  • Quel rapport existe-t-il entre la philosophie – discours et pratique – et l’actualité ?

     

 

    1. la philosophie fait sortir du quotidien en amenant progressivement à la contemplation (vue) des Idées, des essences éternelles (platonisme). La philosophie permet de s’extraire de l’engluement du Quotidien, ou du moins de prendre de la distance à l’égard de l’emprise des préoccupations des objets et de monde (Heidegger), c’est-à-dire de l’actualité, de l’histoire, de la présence immédiate, aliénante de soi et du monde (inauthenticité, oubli de l’être). La philosophie est une mise en perspective par un recul, une distance, opérée par l’intellect.

       

Dans un autre sens, la philosophie, en nous amenant à la perception essentielle, éloigne la conscience de la durée subjective en la rapprochant de la pure actualité, de l’instant où il n’y a plus de durée mais simplement l’acte dans sa durée propre, interne. L’« actu-alité » de l’object se découvre des revêtements de l’étant (durée relative, spatialisation) pour mettre en lumière son être / essence (instant absolu, temporalité pure – hors de toute spatialité, atemporalité de l’instant dans son passage à l’acte). La contemplation des essences est une perception non-médiatisée, directe, de la réalité en tant qu’elle est passage de l’être à l’étant, présentification de l’esse dans l’existare. L’essence occultée dans la durée se dévoile par la contemplation philosophique (activité du sujet) qui s’extrait de la durée pour mieux saisir la lumière intrinsèque de l’essence intemporelle, c’est-à-dire l’identité de l’objet de la médiation avec son propre mouvement d’existence. Il n’y a plus de séparation sujet-objet, mais la « sujet » percevant est dans l’acte même de l’intratemporalité de l’objet. Le sujet ne fait plus qu’un avec l’objet et ce dernier découvre son acte-temps comme lumière pour le sujet contemplatif – car c’est par la vue que la philosophe perçoit l’essence (lux), l’origine de ce qui apparaît comme un objet extérieur. La pratique de la contemplation philosophique donne à voir la puissance-essence dans son mouvement de présentification / actualisation vers l’acte-étant. De la puissance à l’acte, de l’instant à la durée, de l’essence à l’étant, la vision du philosophe se fixe sur ce passage, ce prémisse de la naissance, de la transformation, du changement d’état (il y découvre une multiplicité d’état et une unité de nature, la différence dans les états et l’identité dans la nature) : c’est la mutation du Réel / Vérité en réalité / illusion des sens.
par Jahman publié dans : philosophie
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Mercredi 22 février 2006

Un nouveau site pour philosopher vient d'ouvrir ses portes. Des textes de philosophes pour le philosophe, pour l'Homme à la recherche de la Vérité. En route vers la sagesse, on trouvera des outils pour apprendre à penser par soi-même.

Les Philosophiques, la philosophie à l'état pur.

http://philosophiques.site.voila.fr

 

 

par Jahman publié dans : philosophie
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Lundi 20 février 2006

Grandeur du philosophe

Le véritable philosophe est celui qui c’est libéré, celui qui est libre, plein de contentement, se satisfaisant du don divin. Tout philosophe qui n’est pas libre de la société et de soi-même, du monde et de ses passions ne peut être appelé au sens propre « philosophe » ; tout au plus est-il un intellectuel. Or, aujourd’hui nous vivons dans l’intellectocratie, tous intellectuels plus imbus d’eux-mêmes les uns que les autres… Cet intellectocratisme puant impose son joug sur les plus faibles, cette classe moyenne (99% de la population, avec 1% pour les très très pauvres et 1% pour les très très riches), c’est-à-dire l’ex tiers-état. Rien a changé, le pouvoir et l’esclavage, dialectique irréelle en ce siècle post-fer.

Nietzsche, Diogène étaient philosophes et sont encore philosophes, car philosophes de tous temps, pour tous temps. Diogène le Cynique, le plus grand sage parmi tous les sages qu’aient connus la Grèce et Rome. Depuis, plus rien, néant. Seul, Nietzsche, une étoile égarée, s’est échappé du troupeau. Grandeur sur lui ! Voilà pourquoi nos pseudo-philosophes n’ont rien en commun avec ce que contient ce terme : liberté, grandeur, dignité. Tous rampent servilement, prisonniers d’eux-mêmes et, pire encore, encore esclave du monde extérieur, englués dans leur siècle, leur époque, incapables qu’ils sont de s’élever dans l’ère éthérique, la dimension spirituelle de la vie. La véritable grandeur et spécificité du philosophe c’est sa liberté. Tout se trouve dedans. La vérité est à chercher dans notre liberté. Tant que nous ne serons pas libres, il sera vain de continuer éperduement, absurdement et abstraitement à chercher la vérité, ou même à rabaisser stupidement nos prétentions à une connaissance toute humaine et empirique, relative, immanente, voire pragmatique. Bientôt la philosophie sera un prêt-à-vivre publicitaire intégré au tout-communication. Et cette race d’intellectocrate qui n’en finit pas de déblatérer sur le sort de ceci ou de cela, avis et opinions contradictoires et illusoires. Et cette autre espèce si particulière de scientifiques, d’universitaires composant la classe des travailleurs, des ouvriers intelletocratistes. Bref, l’intellectualisme qui s’est fait prendre au jeu du tout-social devient intellectocratisme, intellectuel prisonnier du social, bête sans âme, sans dignité, sans le courage d’être libre. Car c’est bien de courage dont il s’agit ici. Assumer sa responsabilité ontologique c’est avoir le courage d’être libre, de vivre libre du monde et de soi, de s’élever par-delà temps et espace, tel un astre diogénien ou nietzschéen. La voilà la grandeur du philosophe ! Apothéose de la singularité universelle ! Glorification du singulier dans son essence !

par Jahman publié dans : philosophie
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