La liberté exige l’affranchissement à l’égard de l’espace et du temps (qui engendrent l’avoir) ; la liberté exige la non-limitation spatio-temporelle. Mais, en même temps, nous ne pouvons prendre toute la mesure de la liberté que dans la référence à l’espace-temps ; nous en avons besoin comme mesure de référence (nous jugeons en effet à l’aune du relatif). La liberté réelle se réalise donc à l’intérieur du cadre spatio-temporel concret, dans les limites du visible mais elle opère à partir de l’invisible, de l’infini de l’espace et de l’éternité du temps. La puissance est invisible, hors de l’espace-temps, mais l’acte est visible et dans l’espace-temps. Il s’agit donc d’opérer à partir de l’éternel, de l’infini, c’est-à-dire à partir du centre de soi-même (centre qui co-fond le même et l’autre, toutes les dualités ; coïncidence des opposés : identité-altérité…), et l’acte se déploie dans sa signification visible à l’intérieur du monde sans pour autant être soumis à sa logique propre et participer de sa loi. La liberté est intérieure dans son essence, sa nature, sa puissance et elle n’est le Réel, la Vérité que dans cet intérieur. Car là, elle est dans son mi-lieu (le juste Milieu des Chinois), affranchie des limites (les bornes, les opposés ultimes que sont, par exemple, le même et l’autre), infinie et éternelle (non-né, non-morte, incréée et pourtant suprêmement réelle et vraie, authentique). Mais ce n’est qu’à l’intérieur du cadre restreint de l’espace-temps qu’on en saisi toute l’ampleur, la mesure et le sens.
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