A travers quoi peut-on, doit-on regarder le monde ? Un prisme ? Une idéologie ou un dogme ? Par le reflet de la conscience de soi ? Dieu ? ou le Vide ?
Actuellement, dans l’expectative, il vaut mieux ne pas regarder du tout, sinon à travers le sentiment du vide et du tragique (pour mieux approfondir ce sentiment, le pousser à son paroxysme et se diluer dans le réel-vide). Peut-être peut-on aussi regarder le monde à travers le sentiment le plus fort qui nous habite (amour, mort….)
L’indécision, l’incertitude, l’aspect aléatoire – qui nous échappe – et indéfini du monde PERMET de faire flotter l’homme dans l’instant. C’est le vide qui nous fait vivre le présent tel qu’il se découvre à nos sens. C’est une chance qu’il faut réussir à intégrer : vivre l’instant, ne pas pouvoir se définir ni dans l’espace (ou plutôt se redéfinir constamment, se remettre en cause perpétuellement) est une difficulté à surmonter pour les générations du début du 3ème millénaire.
L’inconcrétude du monde actuel place l’homme seul face à son destin et à sa solitude existentielle, face à lui-même --) formation du sentiment tragique, qui peut être exacerbé par l’application d’une personnalité consciente d’elle-même sur ce sentiment.
Mais d’ores et déjà, à ce stade du développement de la conscience, un certain cynisme, rire et détachement du monde doit être digéré et appliqué à l’existence-même, quotidienne.

