Lundi 20 février 2006

Mystique ou sagesse ?

Plutôt qu’à une mystique, c’est peut-être à une sagesse qu’il faudrait s’adonner. Car le terme mystique risque d’être entendu, à tort, comme une fuite du monde, une déréalisation, un éloignement à l’égard de la réalité concrète quotidienne qui constitue la trame de toute vie. Une sagesse peut éviter cet écueil interprétatif, et, de là, pragmatique. Cet écart significationnel est essentiellement dû au travail de la culture qui a pétri et quelque peu recouvert le sens original, originel et, finalement, banal du vocabulaire en général, de ces termes-là en particulier.

Ainsi, la sagesse à le privilège de ne pas connoter cette déréalisation, cette perte du concret, cette fuite hors du réel dans un monde imaginaire et névrotique. Toute mystique (très précisément), toute sagesse (particulièrement), toute vie / existence (généralement) est affaire de « rapport à » : rapport au monde (universel, abstrait) et rapport aux choses (particulier, concret). Notre mode d’appréhension des objets, du réel est ce qui nous lie, nous rapproche, nous éloigne et nous donne, nous renvoie. Cette relation essentielle au monde doit faire l’objet d’une intime investigation. Nous devons être attentif à cette relation permanente. En cela, des philosophies comme celles de Heidegger et du zen ou t’chan accorde une grande importance à ce rapport-au-monde. La mystique, certes mal comprise, est considérée comme une extrême fuite du monde, un éloignement radical par rapport au monde. Ce mouvement de retrait peut être mésinterprété et dégénéré en toutes sortes de pathologies qui relèvent de la psychanalyse. Car, plutôt qu’une fuite déréalisante, et, finalement, aliénante, il s’agit d’un détachement. Ce terme de détachement doit retenir toute notre attention car il est à comprendre de manière extrêmement précise ; un degré d’écart et l’on tombe dans l’une ou l’autre tendance : vers un éloignement ou un rapprochement. Le détachement n’est ni l’un ni l’autre, ni fuite ni engluement, aveuglement, asservissement technique ou passionnel. A l’origine, la mystique par son ascèse, et même la philosophie par son traitement des passions avaient pour finalité d’éviter que l’homme devienne l’objet du monde, d’empêcher que ce soit le monde, les objets qui agissent l’homme, là même où se dernier croit fermement que c’est lui qui agit sur le monde, qui conquiert la nature, etc. Ne pas être la proie de ses propres passions, ne pas se laisser submerger par ses désirs, ne pas être gouverné par les outils et les intérêts égoïstes, tel était, et tel est encore aujourd’hui et toujours et à jamais, l’objectif de la philosophie (amour de la sagesse) et de la mystique entendues comme ascèses. L’une se concentre sur la raison, l’autre sur Dieu ; l’une s’en remet exclusivement à l’homme, l’autre fait appel à l’Autre. Si elles divergent dans leur moyen, leur finalité pragmatique est la même (leur finalité essentielle divergent fondamentalement, car pour la philosophie, c’est le bonheur ; pour la mystique, l’union à Dieu).

Ainsi, notre rapport aux objets, notre mode d’être à l’égard du monde – nos motivations, ce qui nous attire et nos aversion, ce qui nous repousse – est, semble-t-il, fondé sur le schème rapprochement-éloignement, désir-peur, etc. Or, la sagesse, du moins tel que je l’entends présentement, doit être axée sur ce mode d’être au monde, sur cette relation essentielle qui nous lie aux choses et aux êtres. Comment agir, et même, tout simplement, vivre, dans le monde sans être lié, au sens d’asservi, d’attaché ? Comment vivre en toute simplicité, en toute liberté ? Car c’est bien la liberté qui est le but ultime (et souvent caché) du bonheur philosophique comme de l’union mystique. Cette liberté, merveilleuse liberté, improbable liberté, difficile liberté, fruit d’un long travail de l’humanité n’est toujours pas accessible. L’homme moderne a cru au pouvoir du progrès technique ; il s’est fourvoyé en pensant qu’il était un accélérateur de la liberté, mais, aujourd’hui plus que jamais, nous sommes conscient de ce pitoyable échec, de cette cruelle déception : la technique et tout le progrès matériel, l’accroissement tant quantitatif que qualitatif du mode de vie « moderne », la société d’abondance, le confort et tout le tralala, tout cela ne donne pas cette liberté chérie si chèrement (dans tous les sens du terme) désirée. D’autres voies ont été explorées aux divers âges de l’humanité mais toutes ont montré leur limite. Une constante : la liberté du sage, de quelques individus d’exceptions, mystiques et autres. La liberté est donc possible mais à quel prix ? Ces personnalités se sont engagées totalement, ont investi leur âme entière. C’est là semble-t-il la source et un des moyens de leur succès.

Le détachement doit être entendu comme non-attachement : ni désir, ni crainte. Ne pas être attiré, ne pas être repoussé : équanimité tant vanté par Eckhart. Cette égalité ontologique est la voie royale pour parvenir à la liberté, ce chemin éternel. Une sagesse pour notre temps si singulier doit mettre l’accent, certes, sur le détachement, l’éloignement à l’égard du monde et des objets qui nous lient et nous asservissent. Mais plus que tout, c’est sur notre fuite du réel qu’il faut travailler. Car même si elle ne s’inscrit pas dans une attitude mystique, le mode d’être contemporain est, plus qu’à toute autre époque, assujetti, non pas au désir aliénateur mais à la fuite aliénatrice. Bien souvent, si nous désirons ceci, ce n’est pas parce que nous sommes authentiquement attiré par ceci mais plutôt parce que nous voulons éviter cela. Nous fuyons en avant vers un désir pour fuir en laissant loin derrière une peur – stratégie de l’ego : chercher un bien pour éviter un mal. Et en cela, notre époque est la glorieuse époque du manque de courage, de la peur refoulée. Epoque craintive à l’excès, à outrance, pour la moindre petite chose, toujours, nous fuyons vers une autre qui nous apparaît (tout est question de jugement) comme meilleure. Ce mode d’être est dû à nos affinités sélectives qui se sont tellement précisées, rétrécies, particularisées que nous en sommes venus à repousser au loin les trois quarts des choses de ce bas monde. Ego monstrueux, subjectivité exacerbée derrière le masque de la raison technicienne ; siècle de la pathologie sociale, de l’incapacité, de la sclérose, de l’inertie, du manque de courage. L’homme court à sa perte, ami ! Le sauver ? N’y pensons pas. Le temps fera son œuvre. Plus que jamais, nous avons besoin d’une sagesse théorique éternelle, d’une sagesse pratique de tous les temps. Ni désir effréné, ni crainte spontanée ; ni attiré par notre inertie, notre impuissance, notre mollesse civilisée, ni repoussée par notre manque de courage, notre manque de foi, notre recroquevillement sur soi-même, notre confiance égotique : non-attachement. Il y a l’attachement mauvais (être attiré, le désir) et le détachement mauvais (être repoussé, la fuite) : reste le tâchement, le fait de faire tâche, de se répandre comme une tâche de chocolat sur un tee-shirt blanc. Il faut donc « tâcher » sans at- ni dé-, seulement tâcher, tenter, marquer de son empreinte ontologique, œuvrer avec ce qu’on est, c’est-à-dire vivre selon notre nature, notre humanité avec tout ce qu’elle comporte, sans refoulement et sans exacerbation. Evitons ces extrêmes névrotiques et vicieux, gardons-nous de perdre notre nature, de détraquer notre être, notre bien le plus précieux après la liberté suressentielle, « antontologique »

par Jahman publié dans : sagesses
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Lundi 20 février 2006

La réalité peut se présenter, apparaître comme un son. En effet, lorsque l’on naît, on « arrive » dans la REALITE (au sens fort). Or, la réalité est extérieure à la vie. Il s’agit en fait d’un monde « factice », créé de toute pièce par l’homme, différent pour chaque individualité, personnalité, différent à chaque Moi, à chaque Je. Chacun se crée sa propre réalité – qui lui est donc propre – chacun a une vision du monde et donc de la réalité différente, mais fausse car parcellaire ; et aucune ne peut être vraie puisque la vraie réalité est après notre mort (instant inverse à la naissance, de retour à l’ensemble, au grand tout, à l’unité-vie). La réalité, la nature que l’on observe, l’humanité présente, ce que je perçois par mes sens n’est qu’une production de la vie, tout comme moi je  le suis également. Je suis donc la réalité comme l’est toute chose qui la compose – à des degrés différents. Chaque homme – au même titre que les animaux et la flore – détient une part de vie de l’Un, du Grand Etre, donc une part de connaissance de la réalité que l’on interprète et travesti chacun de manière différente. Le monde extérieur n’est donc que l’apparence, le reflet (cf. le mythe de la caverne, Platon) de la Vérité. Une part de cette vérité se trouve enfouie au plus profond de chacun de nous. Et il n’appartient qu’à nous de retrouver cette part de Vérité, d’Amour, de réalité.

Nous retrouverons l’ensemble de La réalité (et non plus de MA réalité) qu’à notre mort.

Pour compléter cet article, vous trouverez une réflexion sur le réel à cette adresse :

http://dg.j.leguennec.club.fr/Reel.htm

par Jahman publié dans : Le réel
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Lundi 20 février 2006

La Vie = l’ensemble des vies humaines

 

Chaque vie humaine recèle une partie d’essence divine. Chaque partie rassemblée forme un tout indivisible (approche systémique --) dérivé du structuralisme).

 

Le langage bloque le développement de la pensée.

 

Pour atteindre à la connaissance du divin, il faut rassembler les parties de son Etre.

 

L’homme tout seul n’est rien, mais c’est l’ensemble de chaque homme qui forme ce qu’on appelle la Vie. Le procédé philosophique qui consiste à rassembler tous les éléments qui forme un tout, de les prendre, pour les étudier, un à un butte inéluctablement sur une aporie. Il est impossible de comprendre toutes les réalités humaines, de chaque homme. Les réalités sont la conception unique, propre à chaque homme. Pour avoir l’ensemble de ces réalités en une vision synthétique, condensée mais complète, il faut dépasser les singularités (méthode philosophique périmée) et essayer de comprendre la réalité dans son ensemble, indépendamment des réalités individuelles, et même de toute réalité humaine. Il faut donc une conception abstraite de la réalité, conception qui évite tout a priori des hommes.

 

La REALITE est une conception de l’homme pour l’homme. Ce terme est en effet forgé pour l’homme et uniquement pour lui. Hors de l’homme point de réalité --) vide (suis-je encore un homme ?) Il faut rassembler l’homme divisé, parcellisé et, au bout du compte, perdu. La séparation de l’intellect et des sens mène au travestissement du réel. L’appréhension de ce dernier est pervertie par cette séparation. Il faut comprendre le réel, la réalité par la perception et non par le jugement (Bien/Mal) qui est également séparation au sein de l’intellect. Ainsi, l’ouïe est un sens primordial qu’il faut développer afin de percevoir la réalité. En effet, celle-ci n’est pas seulement matérielle (toucher, vue) au sens occidental du terme mais également auditive, immatérielle, pure perception. La réalité, pour finir, est telle que la perçoivent les 6 sens : c’est un tout.

 

Le temps entre également en compte dans l’appréhension de la réalité, ou plutôt c’est l’infini, la permanence qui constitue cette réalité ; et c’est en cela qu’elle nous dépasse et qu’elle est si difficile à saisir. En effet, le temps, au même titre que les langues et le langage est une création humaine, propre à l’homme. En cela, il se distingue et se sépare un peu plus chaque jour de ses origines.

 

En fait, c’est l’homme qui est temps et qui fait le temps ; c’est l’homme qui traverse l’espace et le temps, qui, eux, sont permanents et immuables. Ici, réside la difficulté de comprendre la réalité.

 

Il faut observer (du dehors donc) la réalité avec un regard tourné vers soi (et non pas un regard venant de soi ; le regard est extérieur et se tourne vers soi, vers l’intérieur), sur l’intérieur.

 

La réalité, qui est donc moins matérielle, physique qu’il n’y paraît, est surtout un instant qu’il faut saisir au-delà de la superficialité du jugement inconscient et du regard, de la vue. C’est un tout qui, tout en paraissant fugitif, éphémère, aléatoire, imperceptible, impermanent, se trouve en fait être immuable et « statique ». C’est un tout que l’esprit seul ne peut saisir mis qu’il faut éprouver de tout son corps (5 sens) et grâce à l’étincelle divine (« âme ») qui réside en chacun de nous. La réalité réclame, demande une participation à la vie ; l’homme doit participer et s’inscrire par son existence et ses actions dans la réalité, le temps et l’espace, l’Histoire.

 

par Jahman publié dans : Le réel
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Lundi 20 février 2006

Travailler sur ce que serait un homme naturel et vrai, authentique.

 

La présence du monde passe par l’ouverture sur le monde et autrui mais aussi par l’ouverture de soi, sur soi, l’ouverture sur son Moi et la totale liberté de sa conscience. La plénitude de l’homme, son épanouissement passe par le développement équilibré, égal, constant et harmonieux de TOUTES ses capacités, l’utilisation de tous ses sens, l’emploi des énergies intérieures, vitales à l’expression de son ETRE (pas de son Moi). Cette plénitude passe aussi par une connaissance aiguë de soi, du monde et d’autrui ; elle passe aussi et surtout par la communication (l’action), communication avec les autres mais aussi avec le monde et la Nature , Dieu, Je (= l’autre moi)

 

par Jahman publié dans : l'Homme
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Lundi 20 février 2006

A travers quoi peut-on, doit-on regarder le monde ? Un prisme ? Une idéologie ou un dogme ? Par le reflet de la conscience de soi ? Dieu ? ou le Vide ?

 

Actuellement, dans l’expectative, il vaut mieux ne pas regarder du tout, sinon à travers le sentiment du vide et du tragique (pour mieux approfondir ce sentiment, le pousser à son paroxysme et se diluer dans le réel-vide). Peut-être peut-on aussi regarder le monde à travers le sentiment le plus fort qui nous habite (amour, mort….)

 

L’indécision, l’incertitude, l’aspect aléatoire – qui nous échappe – et indéfini du monde PERMET de faire flotter l’homme dans l’instant. C’est le vide qui nous fait vivre le présent tel qu’il se découvre à nos sens. C’est une chance qu’il faut réussir à intégrer : vivre l’instant, ne pas pouvoir se définir ni dans l’espace (ou plutôt se redéfinir constamment, se remettre en cause perpétuellement) est une difficulté à surmonter pour les générations du début du 3ème millénaire.

 

 

L’inconcrétude du monde actuel place l’homme seul face à son destin et à sa solitude existentielle, face à lui-même --) formation du sentiment tragique, qui peut être exacerbé par l’application d’une personnalité consciente d’elle-même sur ce sentiment.

 

Mais d’ores et déjà, à ce stade du développement de la conscience, un certain cynisme, rire et détachement du monde doit être digéré et appliqué à l’existence-même, quotidienne.

 

par Jahman publié dans : sagesses
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