Grandeur du philosophe
Le véritable philosophe est celui qui c’est libéré, celui qui est libre, plein de contentement, se satisfaisant du don divin. Tout philosophe qui n’est pas libre de la société et de soi-même, du monde et de ses passions ne peut être appelé au sens propre « philosophe » ; tout au plus est-il un intellectuel. Or, aujourd’hui nous vivons dans l’intellectocratie, tous intellectuels plus imbus d’eux-mêmes les uns que les autres… Cet intellectocratisme puant impose son joug sur les plus faibles, cette classe moyenne (99% de la population, avec 1% pour les très très pauvres et 1% pour les très très riches), c’est-à-dire l’ex tiers-état. Rien a changé, le pouvoir et l’esclavage, dialectique irréelle en ce siècle post-fer.
Nietzsche, Diogène étaient philosophes et sont encore philosophes, car philosophes de tous temps, pour tous temps. Diogène le Cynique, le plus grand sage parmi tous les sages qu’aient connus la Grèce et Rome. Depuis, plus rien, néant. Seul, Nietzsche, une étoile égarée, s’est échappé du troupeau. Grandeur sur lui ! Voilà pourquoi nos pseudo-philosophes n’ont rien en commun avec ce que contient ce terme : liberté, grandeur, dignité. Tous rampent servilement, prisonniers d’eux-mêmes et, pire encore, encore esclave du monde extérieur, englués dans leur siècle, leur époque, incapables qu’ils sont de s’élever dans l’ère éthérique, la dimension spirituelle de la vie. La véritable grandeur et spécificité du philosophe c’est sa liberté. Tout se trouve dedans. La vérité est à chercher dans notre liberté. Tant que nous ne serons pas libres, il sera vain de continuer éperduement, absurdement et abstraitement à chercher la vérité, ou même à rabaisser stupidement nos prétentions à une connaissance toute humaine et empirique, relative, immanente, voire pragmatique. Bientôt la philosophie sera un prêt-à-vivre publicitaire intégré au tout-communication. Et cette race d’intellectocrate qui n’en finit pas de déblatérer sur le sort de ceci ou de cela, avis et opinions contradictoires et illusoires. Et cette autre espèce si particulière de scientifiques, d’universitaires composant la classe des travailleurs, des ouvriers intelletocratistes. Bref, l’intellectualisme qui s’est fait prendre au jeu du tout-social devient intellectocratisme, intellectuel prisonnier du social, bête sans âme, sans dignité, sans le courage d’être libre. Car c’est bien de courage dont il s’agit ici. Assumer sa responsabilité ontologique c’est avoir le courage d’être libre, de vivre libre du monde et de soi, de s’élever par-delà temps et espace, tel un astre diogénien ou nietzschéen. La voilà la grandeur du philosophe ! Apothéose de la singularité universelle ! Glorification du singulier dans son essence !