Lundi 20 février 2006

Heidegger rejette la manière objective et subjective, transcendante et immanente de penser le temps. Les concepts de passé, de présent et de futur doivent être rejetés car ils ont été forgés par une connaissance inauthentique du temps. La temporalité se dévoile en tant que sens du souci authentique. L’unité du souci, les différents moments du temps du Dasein, définit l’ipséité, l’identité du « je ». La liaison des extases temporelles, les manières de structurer le temps, les façons d’opérer la synthèse des trois modalités temporelles constituent l’identité-ipsé, la construction de soi-même.

  • Première modalité → existence → futur
  • Deuxième modalité → facticité (affectivité, être-jeté) → passé
  • Troisième modalité → déchéance / chute → présent

 

La structure du souci dont relève l’ipséité recouvre les trois moments de l’être du Dasein.

La temporalité n’est pas un état mais elle se temporalise et possibilise les différentes modalités de l’être du Dasein, et en particulier la possibilité la plus propre du Dasein (la manière authentique d’être au monde). Les trois modalités de la temporalité de l’être du Dasein sont toujours là, sont toujours données a priori comme essence de l’être du Dasein. De quelle manière peut-on lier les trois extases ? Comment envisager la synthèse temporelle ?

L’ek-stase est ce qui se « tient hors de ». La temporalité est le hors de soi originaire en et pour soi-même. Le caractère extatique de la temporalité originaire est nivelé dans la compréhension vulgaire du temps (Kant, Aristote) sans commencement ni fin. Le propre de la conception heideggérienne du temps est de penser la finitude temporelle dans un sens ontologique. L’avenir se temporalise dans la co-originairité de l’ek-stase : c’est le souci tourné vers l’existence, le souci tourné vers le futur possible. C’est dans ce contexte qu’il convient de penser la finitude. La finitude n’est pas une fin, un arrêt, mais le caractère originaire de la temporalisation elle-même, le mode primordiale de la temporalisation. Le futur authentique et originaire c’est la possibilité du néant, l’advenir nécessaire du néant. La mort se caractérise par trois critères :

  • La mort ne peut être représentée par autrui (on meurt seul)
  • La mort ne peut être dépassée
  • La mort ne crée pas de rapport avec autrui

C’est là la possibilité indépassable du néant. Heidegger revient à la déconstruction de la métaphysique occidentale.

 

Dédoublement dans les manières d’opérer la synthèse du temps : authentique et inauthentique.

Le Dasein doit s’arracher à la manière d’être quotidienne de l’être-au-monde.

Ni sujet, ni substance, l’ipséité se fonde dans le temps.

C’est la temporalisation du Dasein qui donne un sens à l’histoire.

 

Les trois éléments constitutifs de l’être du Dasein (l’existence, la facticité, la déchéance) sont enracinés dans le souci. Ces trois éléments, par le souci, s’ouvrent au monde.

Da-sein = être-là. Le « là » ou « Da », c’est l’ouverture de l’être vers le monde. Cette ouverture se décline sous trois modalité : la compréhension, l’affectivité et la parole. Le « là » qui s’ouvre permet à l’être du Dasein de se révéler ; c’est dans l’ouverture que l’être se révèle au Dasein. Le « là » de l’être-là, du Dasein, c’est l’ouverture qui s’oriente vers l’existence (la compréhension, l’être-pour-la-mort), la facticité (l’affectivité, l’être-jeté dans un monde) et la chute, la déchéance (la parole). La parole n’a pas de temporalité propre et est traité à part par Heidegger. La parole, le langage effectue la cohésion des trois modes de temporalité ; la parole fait signe vers une synthèse des temporalités. La parole est le lien qui permet la synthèse des trois modes d’être du Dasein. Le langage signifie une manière de structuration des temps.

 

Temporalité du comprendre

 

La temporalité du comprendre est tournée vers le futur. Le comprendre est lié aux autres extases. Les trois extases sont toujours liées et constituent un ensemble. Il est simplement question d’une « orientation vers… » une temporalité possible. La compréhension (Verstehen) se distingue de l’expliquer (Erkläzen). Originellement, cette distinction a été introduite par Vico (1725). Dilthey reprend cette distinction dans son Idée sur une psychologie descriptive et compréhensive. Il s’agit de distinguer la culture et la nature ; la compréhension à partir de l’intérieur et l’expliquer à partir de l’extérieur ; ce qui est créé par l’homme et ce qui appartient à la nature, tout ce qui n’est pas le produit de l’homme. Heidegger récuse cette dichotomie de l’école historiciste. En effet, cette dichotomie suppose une unité fondamentale, elle repose sur une synthèse plus fondamentale. Au niveau ontologique, il n’y a que cette unité qu’Heidegger appelle « compréhension », « comprendre ». Tout « expliquer » renvoie au « comprendre » originaire, primaire, du Dasein. Au fondement de la saisie de l’être du Dasein, il y a la compréhension ontologique, la compréhension de la temporalité finie (ou plutôt de la finitude temporelle). Pour Heidegger, la compréhension, dans le cadre de l’être fini, se rapporte au futur. L’extase temporelle qui correspond à la compréhension est le dévancement ou l’anticipation. Il s’agit de la manière authentique de temporaliser le Dasein.

  1. futur → devancement : l’avenir rend ontologiquement possible un étant constitué de telle manière qu’il se comprend dans sa possibilité d’être. Mais la plupart du temps, le Dasein est préoccupé par les choses, il est dans l’attente, dans l’expectation. C’est à partir de cette expectation que le Dasein se comprend en faisant retour sur lui-même. C’est à partir de la préoccupation du On public que le Dasein « s’attend à » et se comprend d’une manière inauthentique, c’est-à-dire à partir d’autre chose que soi-même, à partir d’une temporalité qui n’est pas sa possibilité la plus propre. Au contraire de l’attente inauthentique, le devancement sort de la quotidienneté pour anticiper, de manière non ordinaire, hors des préoccupations présentes. Le temps ne doit pas être pensé en terme d’attente mais comme quelque chose d’inattendu. Par l’attente, en effet, le futur est structuré sur le modèle du présent, ce qui détourne le Dasein de sa possibilité la plus propre – à savoir la mort. Heidegger distingue le futur comme anticipation du futur modelé sur le présent, c’est-à-dire l’attente ; cette dernière est la manière inauthentique de temporaliser le Dasein. Le futur authentique, c’est le devancement.
  2. présent → instant : le présent authentique, c’est l’instant, le « coup d’œil ». L’instant est le présent qui se dégage des préoccupations à partir du devancement. L’instant se laisse tourner vers le futur authentique. Il s’agit d’une extase qui désigne l’échappée résolue. L’instant ne se comprend pas à partir du maintenant (inauthenticité) mais à partir du futur. L’instant est hors des préoccupations, des objets sous la mains. L’instant échappe à l’emprise du monde, à la mainmise du On public. Dans l’instant, il s’agit de se dégager des préoccupations présentes qui nous détourne de la temporalité authentique. Par là, le présent permet au Dasein de comprendre l’inauthenticité de sa temporalité. Le présent inauthentique apparaît comme présentification. L’instant se dégage toujours d’une présentification. A l’inverse du moment inauthentique, lié au présent, l’instant se temporalise à partir du futur authentique. Cette échappée de l’instant vers le futur s’oppose au présent de la préoccupation dans lequel nous ne sommes pas nous-mêmes. A la modalité authentique du présent – l’instant – correspond la modalité inauthentique – le moment ou présence, présentification.
passé → répétition : La modalité authentique du passé est la Gewesen, l’« être-été ». Le passé authentique du Dasein est la répétition, la reprise. La mémoire est possible seulement sur la base de l’oubli de la spécificité du passé ; on projette sur la passé une signification présente. La nouveauté possible de l’avenir est occultée par l’attente de la même manière que la présentification recouvre la spécificité du passé. A l’attente – au niveau du présent – correspond l’oubli – au niveau du passé. L’oubli est la manière inauthentique et la répétition, la manière authentique de se comprendre à partir du passé.
par Jahman publié dans : Etude d'un philosophe
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Lundi 20 février 2006

Interprétation vulgaire de la conscience

 

Leben = vie

Erlebnis = expérience vécue, expérience immédiate, intérieure

Erfahrung = expérience par étape, expérience acquise

Heidegger est très critique à l’égard de ce terme Erlebnis, l’expérience intérieure de la conscience. « La conscience a essentiellement une fonction critique » (p.295). La conscience veut se détacher de la conscience du monde ; elle veut se dégager du processus de l’engagement mondain.

Heidegger dégage une temporalité qui ne peut être la temporalité de la préoccupation. Il dégage un niveau ontologique d’analyse de la dette et de la conscience dégagée des rapports mondains. Pour Heidegger, il ne faut pas considérer la conscience comme rétrospection sur un acte mais plutôt comme prospection. Le problème de a conscience est celui d’un appel du Dasein qui permet de se dégager de l’oubli de l’être dans les préoccupations quotidiennes, vers la finalité de l’être-pour-la-mort. La conscience existentiale est un rappel vers l’être le plus propre du Dasein.

En premier lieu, la « décision » est de se dégager du On pour revenir à son être le plus propre. La « résolution » donne au Dasein sa translucidité authentique. La situation est le « là » à chaque fois ouvert dans la résolution ; la situation trouve son fondement dans la résolution. « La situation n’est que par et dans la résolution ». La situation est le contexte dans lequel le choix de revenir à l’être, la décision, peut être prise.

L’angoisse nous permet de nous détacher de la structure du monde et de nous replier sur notre être le plus propre. C’est par le biais de l’angoisse que nous débouchons sur le thème du néant. L’angoisse nous ouvre à notre être le plus propre par ce sentiment d’étrangeté. Le phénomène de l’angoisse permet de faire voir au Dasein la facticité de son mode inauthentique d’être-au-monde.

« La Dasein est toujours déjà au-delà de soi » ; c’est l’être en avant de soi du Dasein. L’être est au-devant du Dasein. Heidegger désigne le souci comme phénomène ontologique (p.193). Le souci est le fondement de l’ouverture a monde. Le souci embrasse l’unité de ses déterminations d’être (facticité, existence et échéance ou déchéance, chute). Ce qui donne unité à cette triplicité c’est le souci. L’existentialité s’oriente vers le futur ; la facticité vers le passé ; et l’échéance vers le présent. L’unité des trois permet de dégager les rapports entre être et temps. Le souci est antérieur aux phénomènes psychologique, le souci précède l’ontique. Cette antériorité du souci le place au fondement du Dasein, dans l’ontologie. Le souci est le moment synthétique qui intègre les trois moments de l’être du Dasein, chaque élément incorporant sa temporalité propre : le futur pour l’existence, le passé pour la facticité et le présent pour l’échéance. Le souci ouvre l’horizon de la temporalité.

Le souci comme être du Dasein est, dès la première partie, défini à partir de structures temporelles sous-jacentes et implicites (« toujours déjà », etc.)

L’« être déjà en avant de soi dans un monde » caractérise la futurité.

L’« être auprès » caractérise la facticité.

L’ipséité est constituée à partir de la dissimulation du Dasein par rapport à lui-même. La plupart du temps, le Dasein n’est pas lui-même, son être est occulté par le On. La constitution de l’ipséité chez Heidegger dépasse la problématique traditionnelle dans la perspective de la construction d’une ontologie du Dasein. Le soi relève des « extases », des actes de temporalisation. L’ipséité relève du souci, des trois modalités de l’être du Dasein. L’ipséité est le résultat de la temporalisation et non le fondement. Heidegger s’écarte de Kant et de Husserl car il situe l’ipséité dans l’ontologie et non dans l’ontique. Le fait de « tenir ensemble » les différents moments de soi-même, c’est-à-dire la constitution de l’identité, n’est pas le fait de la conscience mais de l’affectivité fondamentale, à savoir le souci. Le souci est pensé comme une ouverture à l’être de la temporalité du Dasein. C’est ce qui a été négligé par la tradition qui explicite toujours l’ipséité au niveau de l’ontique, tant chez Kant que chez Husserl.

La temporalité comme sens ontologique du souci

 

Le sens est ce ou se tient la compréhension, une direction vers le possible. La quête de sens est rapporté au temps, à la synthèse temporelle de l’être par le biais du souci. L’extase est le mode de temporalisation du Dasein.

Introduction de la problématique du temps : le Dasein est ouvert par le souci à son existence. Le sens de l’être ouvert, du souci, constitue originairement l’être du pouvoir-être. Le souci permet le passage de la question de l’être que je suis (ipséité) à la question de l’être en tant que tel (Dasein). Il s’agit bien d’une ontologie. C’est à partir de mon être comme souci qu’on atteint l’être et le sens de l’être comme temps.

Heidegger donne une dimension à la temporalité de l’avenir. La futurité, la projection vers le futur n’est pas une attente mais un « laisser advenir à soi » la possibilité la plus propre. L’authenticité est pensée par rapport au futur tandis que l’inauthenticité est pensée par rapport à la présentification. C’est dans le mesure que nous existons à partir du futur qu’il est possible de s’approprier le passé grâce au fondement de l’être, le souci. A partir du souci, la synthèse de moi-même, de l’ipséité, les différents modes du temps sont liés de manière authentique ou inauthentique. Les extases temporelles constituent une unité donnée à partir de deux modes d’interprétation. La futurité donnée la possibilité la plus propre, comme être-pour-la-mort. L’existence à partir du futur est toujours déjà une existence comme être-jeté dans un monde. Les trois extases de temporalisation sont pensées à partir de deux possibilités différentes. Il y a deux manières de lier le futur et la présentification, l’être-jeté dans un monde : la manière inauthentique et celle authentique. L’ipséité se constitue à partir du souci. Les trois extases temporelles sont à penser en terme de « lien ». Le « je suis » se constitue à partir de a manière dont je relie la temporalité pour en former une synthèse constitutive de l’identité.

 

Conscience de soi = tenir ensemble.

Heidegger s’écarte de l’interprétation lockienne et kantienne autant que celle de Husserl. C’est par le biais de la temporalité elle-même que Heidegger parle de la cohésion de soi, à partir du souci comme être du Dasein qui effectue le lien entre les différents moments de soi.

La conscience de soi c’est le maintien de soi-même caractérisé par la constance et la solidité. Ce n’est pas la mémoire (Locke) ou l’unité pure comme possibilité de toute expérience (Kant) qui détermine la constitution du moi. Le « je » renvoie toujours à un fondement – qui n’est pas la conscience – mais le souci. Le souci s’ouvre également au monde. L’authenticité exige une mise à l’écart préalable de la parole (ré-ticence) car le fait de dire « je » montre l’engagement, l’insertion dans le monde. Le « je » s’enracine dans le souci. C’est à partir du souci que le Dasein s’ouvre vers la temps. Cette double manière de construire l’existant temporel chez Heidegger confère une grande importance à la projection vers le futur.

L’analyse du temps est en même temps construite à partir d’une analyse du langage (Cf. le futur → on laisse advenir le temps). Le phénomène originaire de l’avenir est le « laisser advenir à soi ». L’avenir fait advenir le Dasein à soi comme être le plus propre.

L’inauthenticité c’est le présent qui nous éloigne de notre propre être par la préoccupation quotidienne. Heidegger accorde une priorité au futur – non pas comme actualité – mais comme possibilité. Le futur n’est pas pensé comme extension du présent, comme modelé par le présent mais comme une projection vers la possibilité la plus propre du Dasein. La priorité accordée à la futurité est destinée à nous détourner, à nous détacher des préoccupations du présent. C’est le futur – comme possibilité existentiale – qui prime sur le présent.

La résolution constitue la modalité du souci authentique. La résolution c’est la capacité de s’arracher des préoccupations quotidiennes, de choisir un mode d’être qui permet à la possibilité la plus propre d’advenir. La résolution est pensée comme arrachement, non pas du monde quotidien, mais des préoccupations de l’être-au-monde. « L’unité originaire de la structure du souci réside dans la temporalité. » La résolution est toujours devançante car l’arrachement se réalise en vue d’un futur, par anticipation.
par Jahman publié dans : Etude d'un philosophe
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Lundi 20 février 2006

Chap. 53 : projet de l’authenticité de l’être pour la mort : l’authenticité est le fait de faire face à la possibilité la plus propre (la mort). Il y a deux pôles possibles du Dasein :

  • L’attente inauthentique
  • Le devancement authentique

 

Possibilité et effectivité : la possibilité se situe à un niveau supérieur à l’effectivité. Heidegger pense la possibilité au niveau ontologique comme ce qu’il y a de plus originaire. L’effectivité se pense au niveau ontique. Par là, Heidegger renverse les priorités kantiennes.

 

Le Néant chez Heidegger suit le questionnement sur la mort. La mort est la possibilité la plus propre à chaque instant. En ce sens c’est elle qui détermine la temporalité du Dasein en tant qu’être-pour-la-mort.

L’attente est la marque de l’inauthenticité de notre rapport au futur. Le devancement – le fait de devancer – est l’autre mode authentique de la temporalité du Dasein. Un moment instantané – comme un « clin d’œil » – est toujours tourné vers le futur le plus authentique. La temporalité authentique est marquée par le privilège accordé au futur. C’est le futur qui oriente les « ek-stases ». La préoccupation présente es la perte, l’immersion dans un monde présent qui oubli l’authenticité du passé et du futur. Le présent rattaché au passé ou au futur (attente) est la marque de l’inauthenticité temporelle. C’est par le biais du comprendre qu’on projette, qu’on devance. Dans le devancement vers la mort, le Dasein s’ouvre au Néant. La compréhension s’ouvre sur l’angoisse devant le néant. A partir de l’affectivité primordiale le Dasein s’ouvre, non pas sur le monde (préoccupations, peur), mais sur une indétermination, une possibilité : le néant, l’angoisse. La mort annonce le non-être du monde, le néant. L’être pour la mort est essentiellement angoisse.

 

Introduction du concept de liberté : dans le monde quotidien, l’emprise est telle que le On n’a pas de choix. L’anonymat des rapports nous éloigne de nous-mêmes et nous prive de la liberté. La liberté est pensée dans son rapport au libre-choix face à la finitude. La liberté de choisir est pensée en fonction de l’arrachement au monde quotidien. Le Dasein doit s’isoler pour faire un choix authentique. Le retrait par rapport au monde est nécessaire opur retrouver les autres à partir de cet isolement ontologique..

  • La mort est unique, elle n’appartient  qu’à soi
  • Ouverture du à partir de l’affectivité et de la compréhension
  • Devancement, anticipation
  • Question de la liberté pensée dans son rapport au néant, au fondement de notre être

 

Le Néant : la mort, dans son sens ontologique, fait signe vers autre chose. La question de la mort, par-delà les analyses anthropologiques, psychologiques, physiologiques, laisse la place au questionnement du Néant qui est le véritable questionnement philosophique.

Comment donner un sens à l’être dans la confrontation au néant. Le néant menace le Dasein de priver son existence de sens. La signification de l’être risque de se dévoiler impossible face au néant. Le néant fragilise tellement le questionnement de l’être que toute la tradition occidentale a mis de côté la problématique de la finitude, du néant.

C’est par le biais de la conscience que le néant se révèle à nous à travers l’angoisse et nous donne la possibilité de la liberté. C’est la voix de la conscience qui permet au Dasein de s’arracher au monde quotidien, aux préoccupation. La conscience permet de passer à une simple attitude face à la mort vers une saisie du néant comme tel. Il ne s’agit pas d’un problème psychologique, biologique ni même théologique mais bien plutôt existential et ontologique. Fondement existential, ontologique de la conscience : ouverture du Dasein au monde (compréhension, affectivité, parole). Par l’ouverture au néant, le Dasein est rappelé à sa possibilité d’être la plus propre, authentique.

L’étrangeté existentiale se ressent, à partir de l’angoisse, au moment où on est mis en face de la possibilité du néant du monde. Le monde, en tant que structure du Dasein, tombe dans la possibilité d’un néant. Naît alors le sentiment d’étrangeté, c’est-à-dire le fait d’être mal à l’aise, de ne pas se sentir chez soi. L’appel de la voix de la conscience vient du néant, de quelque chose de plus profond que l’ontique monde. L’appel ne peut être déterminé à partir du monde ; c’est le Dasein dans son étrangeté qui apparaît dans cette voix. L’étrangeté traque le Dasein et menace sa perte oublieuse de lui-même.

Heidegger introduit la dimension temporelle dans son analyse ontologique du Dasein. Par le langage même, Heidegger met en place des inscription temporelles qui vont se préciser de plus en plus. L’ouverture au monde du Dasein va être tournée vers la dimension temporelle. Par le biais de l’étrangeté et du néant, le Dasein s’ouvre au futur le plus propre. C’est une modalité de synthèse du temps qui est ici en question. Comme Heidegger a donné un nouveau sens au terme de « conscience », il attribut également un nouveau contenu au terme de « culpabilité ».

 

Temporalisation du Dasein pensée à partir de l’être-pour-la-mort dans le contexte de l’être-au-monde. C’est la possibilité de l’être pour la mort qui nous confronte au néant. La possibilité c’est celle du non-être du monde, et donc de la finitude. La conscience gravite entre deux pôles.

Chez Kant, un des critères de la vérité c’est l’universalité. Dans la Critique de la raison pratique, la règle morale doit pouvoir être universalisée pour être vraie. Heidegger critique cette conception kantienne de la vérité car il part du « chaque fois mien ». Pour Heidegger, le critère garant de l’objectivité du jugement, l’universalité kantienne, appartient à la conscience publique, la voix du On. Pour Heidegger, la conscience doit ramener à la subjectivité, et non à l’universalité.

Schuld = dette, culpabilité

L’être du Dasein est le souci : facticité, existence, échéance :

  • Facticité → passé → jeté à partir d’un passé
  • Existence → pro-jet → jeté vers l’avenir à partir de l’existence
  • Echéance → présent → impliqué dans un monde de présentification

 

L’existant ne peut être libéré qu’à partir de soi-même en trouvant l’être dans l’ouverture, le Da – là – du Dasein, de l’être-là.

A partir de la culpabilité, Heidegger arrive à une autre définition du néant. Nous existons en tant qu’être jeté, mais nous sommes jamais maîtres de nous-mêmes, de notre être-jeté. A partir de là, Heidegger interprète la nullité. La nullité signifie que le néant est constitutif du jet de l’être-jeté. « Le souci est, dans son essence, entièrement constitué par la nullité », le néant (p.285). Heidegger pense la dette en terme de nullité, nous sommes toujours fondés sur un néant. La nullité existentiale n’est pas une privation.

Critique forte de la philosophie hégélienne et de Marx. Pourquoi penser la nullité, la négation en des termes dialectiques ? Pour Heidegger, le néant, loin d’être un moment d’un processus dialectique, est fondamentalement constitutif de l’être du Dasein.
par Jahman publié dans : Etude d'un philosophe
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Lundi 20 février 2006

Cassirer et les théologiens mettent en cause l’ontologie heideggérienne par le biais du problème de l’anthropologie de l’être. L’être de l’homme demeurerait une représentation malgré l’accent mis sur l’ontologie.

L’essence du Dasein (p.212) ne réside ni dans une substantialité ni dans une présence. Pour Heidegger, la substance de l’homme est l’existence, c’est l’être pour la mort.

Question de la vérité : « a-leithéa » = non-occultation (p.215). Heidegger s’insurge contre toute idée traditionnelle de la vérité, c’est-à-dire l’adéquation entre les choses et l’intellect. Il y a un acte de dévoilement (p.217) qui va vers la chose même. Il s’agit de sortir de ses représentations. La chose n’est pas une représentation mais entre dans un processus de dévoilement de la vérité. La chose fait partie de la structure même du Dasein. La vérité est un dévoilement de la chose. La vérité, c’est faire voir la chose dans son être découvert ; c’est dévoiler le monde et la chose en sortant de la conscience et des représentations. S’ouvrir à l’objet, dévoiler l’étant, c’est en même temps opérer une synthèse temporelle. Cette synthèse est possible parce que l’être du Dasein est fini. La finitude du Dasein permet de dévoiler l’étant.

« L’être vrai comme être découvrant… » (p.220) : l’ouverture est le mode fondamental du Dasein comme compréhension, affection et parler. C’est seulement avec l’ouverture du Dasein que le phénomène le plus originaire de la vérité est atteint. Le Dasein est dans la vérité. La constitution existentielle du Dasein contient l’ouverture de l’être le plus propre.

Le Dasein est aussi dans la non vérité du fait qu’il est absorber dans son propre monde, aliéné par son mode d’être inauthentique (fascination des préoccupations, éloignement de nous-mêmes par l’absorption dans un monde de captation). L’inauthenticité est une pensée de l’arrachement au fait d’être absorbé (nous sommes rivés à l’être dira Lévinas).

La vérité d’une chose se dévoile à partir d’un fond d’obscurité. L’étant se dévoile mais n’est jamais complètement dévoilé. Le Dasein est toujours dans un mélange de vérité et de non vérité. L’étant se dégage à partir d’une structure de mondanéité.

 

 

 

Le mode d’être de la vérité et la présupposition de la vérité : en tant que constitué dans l’ouverture ; le Dasein est essentiellement dans la vérité. L’ontologie de Heidegger va au-delà de l’anthropologie. Toute vérité (p.227) est relative à l’être du Dasein. Cette relativité n’est pas pour autant subjective. La vérité, comme mode d’être du Dasein qui se libère de l’état inauthentique, met à jour l’être sans être soumise à la subjectivité. La vérité n’est ni extérieure ni supérieure à nous. C’est la vérité qui présuppose l’être du Dasein et non l’inverse. L’affirmation de « vérité éternelle » (p.229) constitue un résidu de la tradition théologique chrétienne qu’il s’agit de déconstruire. Il n’y a d’être qu’autant que la vérité est. La vérité et l’être ne sont pas à dégager du Dasein mais appartiennent à l’être même du Dasein.

 

 

 

Ernst TUGENDHAT → sur la question de la vérité chez Heidegger.

La question du temps est introduite avec la question de l’être pour la mort.

  • La mort
  • La culpabilité
  • La conscience morale

 

 

 

Question de la moralité : le Mal n’est pas seulement une privation du Bien comme chez Saint Augustin. La moralité est liée à l’authenticité (ce qui est propre). Pour Léo Strauss, la philosophie heideggérienne est essentiellement une philosophie morale qui ne veut pas l’avouer. La question morale chez Heidegger dépend du langage. Heidegger établit une distinction entre Gewissen, la conscience morale et Bewusstsein, la conscience.

Délimitation de la question de l’être : seule l’ontologie fondamentale est habilitée à dégager les fondements de l’être. Heidegger exclut de cette analyse de l’être les sciences humaines (sociologie, anthropologie, psychologie) et la biologie.

 

 

 

Problème de la mort chez Heidegger dans Temps et récit, vol.3, de Paul Riœur. C’est par la notion de la mort que Heidegger introduit le problème de la temporalité.

Qu’est-ce que la temporalité ? Il s’agit de dégager les enjeux temporels de l’analyse fondamentale du Dasein par une analytique existentielle qui s’assure de la constitution originaire du Dasein. C’est à partir de l’origine que la totalité du Dasein devient intelligible. La quotidienneté se dévoile comme mode de la temporalité. Le Dasein est historial au fond de son être.

D’où vient l’expérience du temps ? Le temps est une condition de possibilité de l’expérience (reformulation de l’a priori kantien). Le souci a besoin de temps. La temporalité du Dasein élabore un compte du temps. L’expérience du temps doit être ramenée à un niveau ontologique plus originaire. Le temps est antérieur à toute expérience. Le Dasein opère une synthèse des différents modes du temps ; c’est à partir de cette synthèse des « ek-stases » que l’on peut élaborer un compte du temps. Les modes de temporalisation sont les conditions a priori de toute expérience du temps. Les modes de temporalisation vont être synthétisés pour expérimenter le temps public. C’est sur la base de la finitude humaine que l’ouverture au monde s’effectue. Il faut penser la temporalité par rapport à la mort. Le temps public présuppose la finitude temporelle. La synthèse temporelle est possible du fait de l’être fini.

 

 

 

être

temps

temporalité

monde

histoire

historicité

 

 

 

L’expérience du temps doit toujours être ramenée à un a priori qui est la condition de possibilité de la synthèse temporelle. Il s’agit de ramener l’expérience temporelle à un état antérieur à cette expérience, à un moment plus originaire. Il en va de même avec l’histoire (au niveau du monde) qu’avec le temps (au niveau de l’être). L’histoire renvoie toujours au mode de temporalisation du Dasein. Le Dasein est une expérience du temps parce qu’il existe en tant que temporalité, il temporalise. Le Dasein le verbe du temps. De la même façon, le Dasein est historique dans son être car il opère une synthèse du temps. L’historicité originaire rend possible l’histoire du monde.

L’historicité relève de la temporalité du Dasein. L’ontologie fondamentale heideggérienne pense toujours à partir de la temporalité et de l’historicité les catégories de temps et d’histoire, et non pas l’inverse.

L’expérience du temps et la synthèse du temps implique la finitude humaine. Ce n’est pas la mort en tant que telle qui est l’objet de l’analyse heideggérienne mais plus précisément la finitude. La mort marque l’être et la temporalité à son niveau le plus originaire ; la mort est d’abord être pour la mort. La mort se caractérise par trois propriétés :

  • La mort est non représentable. L’individu est seul à pouvoir assumer sa propre mort.
  • La mort n’est pas dépassable.
  • La mort n’engendre pas de rapport avec autrui.

Le Dasein est le fondement fini de l’homme. « Plus originaire que l’homme est le Dasein en lui ».

Ce qui est public, le On, c’est ce qui perdure au-delà de la singularité, de l’être-pour-la-mort. Le mode d’être public du temps est la subsistance, la perdurance. Le On public ne meurt jamais. La structure même du rôle public (le On) est fondée sur le temps public, le temps comme condition de possibilité de tout extérieur.

La mort est le fondement de l’ouverture au monde. Le On cherche toujours à détourner le Dasein de la question de la finitude et du Néant. L’inauthenticité par excellence est le fait de se détourner de la question de sa propre finitude.

par Jahman publié dans : Etude d'un philosophe
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Lundi 20 février 2006

La facticité et l’affectivité revêtent une tonalité temporelle dans le sens où la singularité porte la marque du passé. Cette tonalité temporelle pointe vers la finitude, l’être-pour-la-mort. L’ouverture du Dasein implique les trois structures (affectivité, compréhension, parole) dans la synthèse du monde. Ces trois structures renvoient fondamentalement à l’être du Dasein – le souci.

Au niveau ontologique, chaque être existe au niveau de sa propre singularité qui appartient à l’être-au-monde du Dasein. L’être-jeté implique un détournement par rapport à notre propre être. L’histoire singulière (ontique) nous conduit à oublier qui nous sommes réellement, concrètement, ontologiquement. De même, l’affectivité primordiale nous porte à esquiver l’être que nous sommes et à oublier la question de l’existence.

L’affectivité prévoit la faiblesse de l’homme qui est l’être-pour-la-mort. L’affectivité n’est pas simplement une ouverture au niveau ontique, mais elle laisse entendre la finitude humaine (l’être-pour-la-mort) au niveau ontologique. L’affectivité est une ouverture au monde qui est en même temps une compréhension. Il ne s’agit pas d’une compréhension du sens commun, de l’être sensible. Tout cela est secondaire pour Heidegger. Ce qui est fondamental, c’est que l’affectivité oriente les sens. Les sens dépendent de l’affectivité ; les sens se déploient à partir de la manière dont je me sens. C’est pour cela que l’affectivité est aussi compréhension du fait qu’elle ouvre l’être du Dasein au monde en le jetant dans le monde. On est jeté à partir d’un passé ; tandis qu’on est projeté vers un avenir.

 

La peur comme mode de l’affectivité. Lien entre peur et angoisse.

Le souci est le fondement du Dasein.

La peur est toujours dirigée vers quelque chose qui nous fait peur. La peur a le caractère de la menace ; elle vient de quelque chose de perçu, ressenti comme redoutable. La peur est dirigée vers un danger déterminé alors qu’il n’y a pas de détermination de l’angoisse. L’angoisse est indéterminée. La peur nous ouvre au monde alors que l’angoisse nous repli sur nous-mêmes. L’angoisse est l’« ouverture au néant ». La peur est une ouverture au monde qui est toujours accompagnée de compréhension.

La parole, l’affection et la compréhension sont co-originaire et appartiennent à une même structure fondamentale. La compréhension est toujours mêlée à une affection. La possibilité même de l’ouverture au monde doit passer par une affection, par le sentiment.

Le repli du moi sur lui-même devant le néant ouvre le Dasein sur son être le plus propre. Heidegger opère une distinction entre la peur – qui peut être psychologique – et l’angoisse qui ouvre sur la question de l’être. Heidegger met l’accent sur la possibilité – et non sur la réalité ou la nécessité. Par là, il se détache des conceptions traditionnelles concernant la nature de l’être. La possibilité, c’est ce qui n’est pas encore effectif et pas forcément nécessaire. Au niveau ontique (les « catégories » chez Aristote et Kant), le plus fort de l’être, c’est la nécessité, puis le réel, enfin la possibilité – qui recèle un moindre degré d’être. Au contraire, chez Heidegger, au niveau ontologique, c’est la possibilité qui est la plus originaire, la plus proche de l’être. Heidegger renverse l’ordre des catégories mentales. L’être possible c’est ce qui m’ouvre à chaque instant à l’être-pour-la-mort, sur la finitude. La possibilité, par le biais de l’angoisse, ouvre sur la finitude et crée les conditions de possibilité d’une saisie temporelle de l’être. La possibilité libère une temporalité propre au Dasein dans son angoisse existentielle, son être-pour-la-mort. « Le Dasein est constamment plus qu’il n’est factuellement. (…) En revanche, il n’est jamais moins qu’il n’est fictivement ».

« Devient ce que tu es ».

 

La compréhension est toujours orientée vers l’avenir :

  • Avoir quelque chose à faire
  • L’attention (anticipation, regarder avant de faire)
  • Concevoir, capter (saisie conceptuelle par anticipation)

 

Le « comprendre » revêt toujours le caractère d’une anticipation. La compréhension présuppose déjà une certaine manière d’aborder les choses comprises. Il y a une préconceptualisation (un outillage mental) conceptuelle a priori que l’on apporte avec soi dans l’acte de comprendre. Il y a toujours un contenu mental pré-réflexif (sentiment, savoir, souvenir, affection du corps et de l’esprit). Le sens est le « vers quoi » à partir duquel quelque chose devient compréhensible. Seul le Dasein est « sens » qui est toujours un sens de l’être. Tout ce qui n’a pas la manière d’être du Dasein n’a pas de sens. C’est le Dasein qui contient le sens. Toute compréhension se déploie à partir d’une existence concrète, individuelle. Toute explicitation dépend d’une structure sous-jacente à partir de laquelle, sur laquelle la chose prend sens. Le sens n’est donc pas dans la chose mais dans l’être.

Ce qui est inauthentique, c’est de se comprendre à partir du monde. La compréhension authentique est donc une compréhension qui se fait à partir de l’être du Dasein, là où le Dasein puise à la source du sens originel, premier.

 

Le « parler » (Rede) : Pour Heidegger, il n’y a pas de langage mais uniquement du « parler ». Le « parler » implique toujours l’affection et la compréhension, même de façon implicite, inconsciente. Le « parler » c’est l’articulation de la compréhension.

Le « parler », dans sa structure quotidienne est appelé « bavardage » (Gerede).

 

Dasein est au monde

Monde = mode d’être du Dasein

Alors, où est le monde ?

Le monde semble disparaître derrière l’analyse subjectiviste.

Quel est donc le statut du monde extérieur ?

Heidegger réfute l’idéalisme kantien (p.204)

Sans le monde extérieur, une prise de connaissance de soi-même serait impossible. Il faut une référence permanente, quelque chose permanent, qui perdure. La connaissance de soi a besoin d’une référence extérieure stable ; cette référence doit se situer dans l’espace. La connaissance de soi présuppose le monde extérieur.

Dilthey, Essai sur la réalité du monde extérieur (notion d’histoire)

D’où vient notre croyance en un monde à l’extérieur de nous ; cette croyance est-elle justifiée ? (p. 201)

Le Dasein a besoin de se comprendre à partir du monde. L’espace extérieur apparaît comme le cadre permanent. L’être du Dasein est d’emblée orienté vers une compréhension de soi à partir du monde.

Heidegger (p.203) rapporte le Dasein à l’être fini de l’homme alors que Kant le comprend comme l’être subsistant.

 

La réalité comme problème ontologique : Heidegger met en question Dilthey (p.209). il y a quelque chose en dehors de moi qui résiste à ma volonté. La connaissance de soi est en même temps une prise de conscience à partir de la résistance que produit le monde extérieur. La réalité extérieure apparaît comme résistance ou plutôt comme résistivité. Heidegger s’oppose à Dilthey et à Schopenhauer. Le phénoménalisme de Dilthey signifie que tout se passe à l’intérieur de l’esprit. Nous sommes enfermés à l’intérieur d’un monde de représentations. Heidegger veut sortir de l’impasse d’une philosophie qui s’est renfermée dans le domaine des représentations. La philosophie ne peut plus parvenir à une saisie de l’être, d’une res. Cette philosophie est renfermée dans un monde de phénomènes.

La différence ontologique entre l’être et le temps est le seul moyen pour sortir de cette impasse. L’être au monde, pour Heidegger, n’est pas enfermé dans un monde de représentation. L’ouverture aux choses singulière s’effectue à partir d’une saisie de l’être.
par Jahman publié dans : Etude d'un philosophe
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