Mardi 7 mars 2006

La vérité du philosophe réside dans son non-savoir. Tout le savoir du philosophe se fonde sur son inscience. De même, c’est grâce à l’oubli qu’il est possible de se ressouvenir. Sans oubli, le souvenir n’est pas possible, tout comme sans ignorance préalable, le savoir serait impossible. Toute connaissance part de l’ignorance tout comme l’ignorance pose ses limites (espace de l’ignorance et espace du savoir) par rapport à l’étendue des connaissances. On peut donc généraliser ce principe à toutes les qualias. Tout ce qu’il y a dans la conscience, tous ses états, tous les sentiments, les idées, les mots, les significations, les souvenirs et les connaissances, sortent du néant. Tout ce qui se trouve dans la conscience trouve sa source dans hors de soi. C’est sur l’absence, le rien, le creux, le vide et la manque que viennent sortir les données de notre conscience. Tout ce qui se passe à l’intérieur de notre conscience subjective, toutes les opérations (du ressouvenir à l’idée, de la mémoire à la réflexion) émergent sur fond d’un trou. L’activité créatrice prend appui sur la force opposée – et même – elle puise sa force, elle prend sa source dans le néant. Les formes extérieures, apparentes du créé, du monde sensible ne sont que les manifestations du néant à travers notre mode personnel. (humain). Ce que nous sommes, ce que nous voyons, ce que nous faisons quotidiennement n’est que la partie émergée, la pôle connu de la réalité, la parole connue de la totalité du Verbe. Notre réalité, notre mode d’être au monde est le fruit d’une séparation d’avec ce néant originel. A chaque instant de notre existence, on se pose contre notre contraire. On est par opposition au non-être. On fonde notre réalité sur un néant absolu, total. De notre point de vue habituel, on ne peut apercevoir le contraste. Notre réalité n’est qu’une ombre de réalité. Notre existence est le fruit d’une appropriation de l’être, un don de Dieu. Dieu accepte de se séparer d’une partie de lui-même pour créer le monde et l’homme. Il donne de l’ontos à autre chose que lui mais qui émane de lui (création). De même, nous devons renoncer à nous-mêmes, nous nier afin de rentrer dans le néant, notre patrie.

 

par Jahman publié dans : philosophie
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Samedi 4 mars 2006

REFLEXION ET MEDITATION SUR LA PHILOSOPHIE : PRATIQUE ET ACTIVITE

 

Actualité et utilité de la philosophie ?

 

  • La philosophie comme théorie et pratique, comme discours et exercice a-t-elle une utilité, peut-elle s’exprimer en des termes pragmatiques ?

     

  • Quel rapport existe-t-il entre la philosophie – discours et pratique – et l’actualité ?

     

 

    1. la philosophie fait sortir du quotidien en amenant progressivement à la contemplation (vue) des Idées, des essences éternelles (platonisme). La philosophie permet de s’extraire de l’engluement du Quotidien, ou du moins de prendre de la distance à l’égard de l’emprise des préoccupations des objets et de monde (Heidegger), c’est-à-dire de l’actualité, de l’histoire, de la présence immédiate, aliénante de soi et du monde (inauthenticité, oubli de l’être). La philosophie est une mise en perspective par un recul, une distance, opérée par l’intellect.

       

Dans un autre sens, la philosophie, en nous amenant à la perception essentielle, éloigne la conscience de la durée subjective en la rapprochant de la pure actualité, de l’instant où il n’y a plus de durée mais simplement l’acte dans sa durée propre, interne. L’« actu-alité » de l’object se découvre des revêtements de l’étant (durée relative, spatialisation) pour mettre en lumière son être / essence (instant absolu, temporalité pure – hors de toute spatialité, atemporalité de l’instant dans son passage à l’acte). La contemplation des essences est une perception non-médiatisée, directe, de la réalité en tant qu’elle est passage de l’être à l’étant, présentification de l’esse dans l’existare. L’essence occultée dans la durée se dévoile par la contemplation philosophique (activité du sujet) qui s’extrait de la durée pour mieux saisir la lumière intrinsèque de l’essence intemporelle, c’est-à-dire l’identité de l’objet de la médiation avec son propre mouvement d’existence. Il n’y a plus de séparation sujet-objet, mais la « sujet » percevant est dans l’acte même de l’intratemporalité de l’objet. Le sujet ne fait plus qu’un avec l’objet et ce dernier découvre son acte-temps comme lumière pour le sujet contemplatif – car c’est par la vue que la philosophe perçoit l’essence (lux), l’origine de ce qui apparaît comme un objet extérieur. La pratique de la contemplation philosophique donne à voir la puissance-essence dans son mouvement de présentification / actualisation vers l’acte-étant. De la puissance à l’acte, de l’instant à la durée, de l’essence à l’étant, la vision du philosophe se fixe sur ce passage, ce prémisse de la naissance, de la transformation, du changement d’état (il y découvre une multiplicité d’état et une unité de nature, la différence dans les états et l’identité dans la nature) : c’est la mutation du Réel / Vérité en réalité / illusion des sens.
par Jahman publié dans : philosophie
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Vendredi 3 mars 2006

C’est la perte de sens qui donne – qui fait – sens à la vie. L’homme est nu dans la nature.
Analyse systémique :

  • tout est lié
  • chaque chose, être, élément, objet, fait parti d’un grand tout, d’un ensemble uni.
  • L’action, au sens fort – philosophique – du terme, est le mouvement même de la vie, le principe la réalité qui ordonne le présent.
     

Un enchaînement d’interaction, une chaîne d’évènements, de faits et de situation enchaînés les uns aux autres ; l’un découlant de l’autre – du précédent – forme la réalité perçue par l’homme et qui le place dans une situation, un PRESENT – la vie qui s’offre aux sens et à l’être. Celui-ci, en « se projetant hors de lui », tombe dans le vide.
Mais le langage de l’être (ontologie) perverti indubitablement la réalité, et les mots ont perdu leur sens. La perte de sens est délibérément et définitivement achevée, ancrée au sein de l’existence humaine. La perte de sens peut en effet être perçue et ressentie à l’extérieur comme à l’intérieur de soi.
Si les mots n’ont plus de sens, QUE FAIRE ? (question du suicide ?), comment voir la réalité, la concrétude ? Comment vivre l’expérience du présent ? Comment participer à l’harmonie du monde dans l’interaction perpétuelle, permanente des éléments et des êtres ? Ce grand mouvement d’ensemble que l’on appelle vie passe-t-il aussi par la musique, le rythme et l’ouverture de nos sens, de notre Soi au monde, notre nudité dans le vide de l’existence (Question de la plénitude du présent). Le non-sens serait-il, en fin de compte, l’unique et dernier sens à la vie de l’homme sur Terre ? (limite spatiale, temporelle et d’action ; bref, de liberté) --) Question de la liberté et de la nature de l’homme.
Au courant systémique – structuraliste –

  • certains donnent une connotation religieuse, divine ou mystique,
  • d’autres, au contraire, rationnelle, matérialiste et un déterministe intégriste,

pour tenter de trouver la Vérité (vérité), c’est-à-dire la Cause de la vie et de l’Un(ité).

par Jahman publié dans : Le réel
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Vendredi 3 mars 2006

Volonté temps accumulation
C’est l’homme qui traverse le temps et non le temps qui passe ou qui s’écoule dans la vie de l’homme, d’un homme


Un temps = un homme
Le temps = l’homme

Le temps peut être appréhendé de manière immobile et pré-définie. L’homme suit ce chemin qui le guide – parfois s’égard – dans l’Histoire (cf. révolution française) – mais ne l’empêche pas d’agir et d’être (le temps ne limite pas, il étend à l’infini des possibilités), d’être maître de son destin, car tout réside dans le pouvoir de la volonté. Mécanique, absurde mais performante.

A-t-on conscience, même inconsciemment, du temps que l’on n’a pas connu vivant, post-natal ? (temps fœtal, pré-fœtal et passé des ancêtres, temps historique ou Progrès, évolution). Le monde a-t-il (ou est-il) quelque chose de concret sans l’existence humaine ? S’il dure plus longtemps qu’une vie humaine qui traverse en un éclair l’éternité de la Vie (et qui n’a donc pas prise sur le temps), le temps passé, l’Histoire (= temps + existence de l’homme) ont-ils quelques chances de rester en l’homme – dans son être le plus profond, avant sa naissance et/ou après sa mort.
En tout cas, l’homme vivant, ayant conscience d’exister n’a aucune prise sur le temps et donc sur les évènements (perpétuels concours de circonstances), il ne peut influer individuellement, à titre personnel, sur l’ordre du cosmos (car l’homme n’existe que par ses semblables, que parce qu’il fait partie d’un tout). Cause : l’homme n’est pas tout seul, de plus, son action s’adjoint à celle de milliard d’autres.

par Jahman publié dans : Temps
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Vendredi 24 février 2006

La qualité de la réflexion est fonction de la conscience de soi. Plus on se connaît et plus notre faculté de juger se rapprochera de la vérité – qui englobe toutes les vérités jugements de chacun et les dépasse.

 

Il faut sortir de soi, de ses représentations figées et perverties par le miroir déformant, le filtre, la pollution accumulée au cours de notre existence/assé, il faut se détacher de son moi, prendre ses distances à l’égard de son environnement intellectuel, culturel et communicationnel, il faut s’élever au-dessus du réel  pour mieux l’observer, se placer à la croiser des chemins et oublier sa nature humaine, sa constitution physiologique, bref avoir conscience de tous les déterminismes qui entravent l’élaboration de la réflexion saine.

 

Déjà Kant disait « penser en se mettant à la place de tout autre ». Il s’agissait d’élargie sa vision, son champ de représentation.

 

Aujourd’hui, il s’agit d’avantage d’ouvrir son ego sur l’extérieur ; étape supplémentaire pour mes contemporains sur les chemins de la connaissance Ultime.

 

Rédiger une philosophie :

 

  • Du  moment

     

  • De la finitude infinie (être-temps)

     

  • Du souci

     

  • De la transcendance

     

  • De l’authenticité (qui est liberté)

     

  • Des limites

     

 

Les limites et leur dépassement, leur transgression, sont la spécificité de l’homme. Se sachant fini (espace, temps, matière) et soumis à toutes sortes de forces, lois et déterminismes naturels et aussi sociaux, biologiques…, l’homme n’a pour fin ultime que de dépasser ces/ses limites. Le dépassement (débordement/élévation) des limites, l’expériences des bornes, des frontières matérielles/humaines se fait  transcendance des concepts de l’esprit. Enfeindre ces lois, déterminismes, voilà ce qui peut apporter à l’homme son désir de vivre, son sens à l’existence.

 

Car, paradoxalement, le dépassement des limites est à rapporter aux forces vitales les plus puissantes qui sommeillent en nous, forces d’éveil proprement spirituelles où l’esprit n’a qu’un désir, but, celui d’exister, de se projeter hors de (son enveloppe charnelle, monde, réalité), de s’abolir et mourir dans la totalité (la totalité étant par nature sans limite, infinie).

 

La philosophie du néant, le nihilisme absolu – du point de vue conceptuel, de la pensée purement réflexive – sont des philosophie de célébration de la vie, donc de la joie ; la joie  d’ek-sister ; c’est l’expérience de la plénitude infinie, le dépassement des limites par l’esprit, le rapprochement d’avec le monde des Idées vécues, sensibles, c’est l’exploration d’un monde qui n’est plus mien, égotique mais de l’universalité, d’un monde où le Je est dissous, intégré au Tout, l’expérience d’une vision pure de l’Idée.

 

L’approche de ces limites se fait par l’expérience des extrêmes. Et lorsque la pensée abolies ces extrêmes en bouclant la boucle, en refermant le processus, elle opère un renversement sur elle-même.

 

L’expérience des limites, expérience transcendantale, se fait par le « surplombement » (Kant) de l’esprit  au-dessus des catégories sensibles, représentationnelles de la réalité, que sont l’espace et le temps. Dépasser ses limites spatio-temporelles, c’est ce vers quoi l’homme est inconsciemment poussé par son désir d’exploration de l’inconnu, du néant, de la mort. Cette expérience négative est le fait des impulsions des forces de vie qui sommeillent en nous.

 

C’est cela la différence radicale qui fait de l’homme un être sipirituel, vivant avec et dans l’espoir d’une communication infinie, avec l’espoir d’acquérir la connaissance de ce qui n’est pas – sous-entendu de ce qui n’est pas moi/Je – de l’ineffable.

 

Dans cette aventure de l’humain, la création – artistique surtout mais pas  exclusivement – est un des outils privilégiés pour découvrir la Vérité-Dieu.

 

Le sublime est ce qui est incompréhensible à la raison, indicible à la parole. Le sublime concerne tout « objet » sensible qui se trouve  hors les limites de la raison. Trop éloigné de notre finitude humaine (circonscrit à l’intérieur des limites physiques et spatio-temporelles notamment), le sublime ne peut être appréhendé que par une vision intérieure profonde, et ne provoque la joie de l’observateur que dans la mesure où celui-ci se trouve dans l’impossibilité d’en rendre compte totalement car l’objet se trouve hors des limites, normes, catégories de l’« entendement subjectif ». C’est par la transfiguration des règles, normes établies qu’une société évolue, « progresse » ou qu’un individu exprime son goût créatif, ses capacités libres, libérées de toute contingence, et ceci dans la plus haute perfection, celle de la nature.

 

Kant produit la 1ère pensée, dans la philosophie moderne, de la finitude radicale (différence).

 

Hegel : pour une philosophie de l’identité.

 

Il s’agit d’étudier l’objet de l’intérieur, indépendamment du cadre historique, social, culturel et de l’enveloppe (parfois un simple halo) de la forme ou du média. C’est donc le sens, le fond, le message, bref, l’Idée, qu’il s’agit d’extraire de tous ses oripeaux. Il faut rendre à l’objet sa quintessence, son essentialité.

 

Deux choses donc :

 

  • L’observateur se situe à l’intérieur du système étudié, en dehors donc de lui-même. Sa subjectivité fait référence, et non pas sa soit-disante objectivité (subjectivité de raison dogmatique)

     

  • L’observateur doit, dans un 2ème temps, extraire le système étudié – et lui-même – des déterminismes extérieurs.

     

C’est donc dans le « Néant total » que l’on doit étudier tout système philosophique.

 

Puis, ensuite, il s’agit de restituer les éléments historiques (philosophie de l’histoire et histoire de la philosophie) propre au système étudié.

 

Ce qui est incommunicable par la raison, la parole, doit se faire au travers de l’information sensible, de l’œuvre d’art. Ce que l’esprit ne peut  saisir doit être découvert ressentie par le cœur. Car la beauté, le cœur, le sensible transmettent une réalité plus complexe que la parole/raison, communiquent une vérité plus haute, étendue, infinie que l’esprit ne peut saisir dans son ensemble, dans sa complexité, dans sa totalité, dans son unité.

 

par Jahman publié dans : épistémologie - la pensée
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