Dimanche 13 mai 2007

Seule la puissance est réelle. Assertion métaphysique par excellence. Ressentir, croire (au sens fort) en cette puissance, en cette énergie universelle, voilà la vie qui se révèle, voilà la lumière obscure, le verbe ineffable qui transparaît au cœur pur. L’essence de la réalité c’est la puissance qui seule est ; le mouvement n’est que la manifestation, la maya.

par Jahman publié dans : Le réel
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Dimanche 13 mai 2007

Mouvement et immobilité

L’immobilité c’est la vie, le mouvement, c’est la mort. Le mouvement, c’est la plus grande illusion, comme je l’ai déjà dit, l’illusion de la conscience. La conscience crée le mouvement, l’illusion, par son activité même. La conscience sépare, divise l’Un en objet-sujet. Le mouvement et l’immobilité, c’est toujours la même épistémologie de l’un et du multiple. Ici, le temps vient jouer les entremetteurs, car tout est déjà joué, la pensée vient en contrecoup pour réifier une réalité déjà aliénante.

Certes, dire que la vie est immobilité peut sembler quelque peu paradoxal car, partout nous voyons bien que ce qui est mort est immobile et que toute vitalité se caractérise par un mouvement, une activité. Là, se pose le problème de l’origine, origine hors du temps. Et là, notre connaissance, notre puissance cognitive trouve son achèvement ; notre connaissance est une connaissance temporelle, quoi qu’on fasse, de n’importe quelle manière qu’on si prenne, nous sommes déjà dans le temps, le mouvement, l’illusion. C’est trop tard, nous avons pensé, nous ne pouvons que continuer ce mouvement, aller toujours plus loin dans cette pensée. Mais l’origine, qui résout la dialectique du mouvement et de l’immobilité en particulier, de l’Un et du multiple en général, ne peut se trouver par une voie quelle qu’elle soit. Nous sommes tombés. L’origine se donne (grâce), nous ne pouvons l’arracher, lui faire violence, elle est trop pure, trop Un, trop Vraie.

Ainsi, dans notre monde, la vie est bien mouvement, la mort immobilité. Ainsi, la pierre est immobile et s’oppose par là aux êtres vivants, qui eux, ont la puissance d’agir, le mouvement, le déplacement. Ils acquièrent une plus grande autonomie, et s’éloignent d’autant du Réel, de Dieu. En cela, la pierre est plus proche de Dieu que n’importe quel être humain. Si la vie est bien mouvement c’est qu’il s’agit du monde, de la réalité, du relatif. Le mouvement est vie et l’immobilité est mort dans le Mouvement mais le mouvement est mort et l’immobilité vie dans l’Immobilité. Si la vie est mouvement en ce monde, il ne faut pas oublier qu’elle est vie dans le temps, vie relative à la mort.

 

Absolu / Un

Mouvement

Immobilité

Relatif / dualité

immobilité = Mort

immobilité = Vie

mouvement = Vie

mouvement = Mort

 

Pour le dire autrement, Dans l’univers du mouvement, la vie est mouvement mais dans l’univers de l’immobilité, la vie est immobilité, de même pour la mort. L’absolu Mouvement contient la dualité relative vie comme mouvement et mort comme immobilité ; de même pour l’absolu Immobilité.

La dialectique de l’Absolu et du relatif, de l’Un et du multiple, comme celle de l’Immobilité et du mouvement n’est pas un problème ou une énigme à résoudre dans le temps, mais un mystère inconnaissable éternel.

Tout dualité ne peut se convertir en unité, à cause du mouvement même, du temps, de l’illusion, cette séparation intérieur-extérieur.

Si je dis que la vie est immobilité, c’est seulement parce que je suis dans le règne du mouvement, je suis dans le monde, l’illusion et le temps, et qu’à partir de là, il est impossible de remonter à l’origine, à l’Un. L’Un, tout comme l’âme, n’a pas de nom, Si je dis Un, déjà, je l’oppose à la dualité, et, par là, au multiple. Or, l’Un ne s’oppose à rien, l’Un est au-delà de l’être, il n’existe pas et pourtant il est partout, présent. Mystère du transcendant-immanent.

Notre activité, notre mouvement, celui du corps et de la conscience sont à l’origine de l’illusion et nous séparent chaque jour de l’UnUnUn. Les taoïstes l’avaient bien vu, wu wei. Car c’est la conscience qui crée le mouvement, la séparation intérieur-extérieur. Nous regardons à partir de notre extérieur de sorte que nous sommes divisés même-autre, toujours la même. Les mots sont impuissants ; ils contribuent au contraire à l’aliénation redoublant celle initiale du monde. La conscience est réification, schizophrène. Et là, je lance un « cri d’alarme », un appel à l’homme : la conscience est schizophrène dans son essence, elle mène à la mort, davantage que le corps. La conscience s’échappe de la vie par son mouvement qui la rend autonome, son activité propre. Division à l’infini, d’abaliéforme à aséiforme, l’évolution de l’individu l’entraîne à une mort certaine, cette mort qui n’est ni un bien ni un mal. L’homme doit renoncer, c’est la voie – le renoncement –, à toute volonté propre ; agir sans agir, vivre dans le règne du mouvement comme mort pour mourir dans le règne de l’immobilité comme vivant. Et là la vie devient mort et la mort vie. Coïncidence des opposés… Trop dure à dire. L’épistémologie que je tente de développer n’est pas une épistémologie au vrai sens du terme car l’objet de la connaissance n’est pas un objet et la connaissance n’en n’est pas une non plus, tout comme le sujet connaissant n’est plus, ni négation ni affirmation. Toujours la même. On ne peut que célébrer la création, la manifestation, la maya. On ne peut que chanter et jouer dans ce monde de vie et de mort.

par Jahman publié dans : Conscience
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Dimanche 13 mai 2007

La position corps comme préalable à la philosophie

Je crois que les philosophes occidentaux ont sous estimés l’importance accordée à la position du corps. C’est là tout le mérite des philosophies orientales, tel le taoïsme, qui, à l’inverse de leurs consœurs, ont su insérer le corps, la dimension spatiale de l’homme dans leur « vision du monde ». En effet, les philosophies orientales, chinoises, et particulièrement le taoïsme, sont fondées sur la correspondance microcosme / macrocosme. Le corps humain est un tout qui trouve sa place dans le corps universel. Les deux mondes sont interdépendants et, de ce fait, le corps humains doit se trouver en harmonie avec l’Univers, le corps universel. Pour parvenir cette harmonie, le taoïsme préconise une grande variété d’exercices mais surtout, il pense l’homme et l’univers comme une structure ordonnée selon des lois déterminées.

Personnellement, je pense qu’il est de prime importance de prolonger le corps humain vers celui de l’univers, concrètement de tirer la tête vers le haut afin de permettre au corps d’intégrer son orbite qui le place dans l’axe de l’univers. Le fait de prolonger, d’axer la partie sur le tout permet la réintégration cosmique, le retour (fan). A mon sens, le plus important est ce prolonger de l’axe du corps vers celui de l’univers, cet étirement de toute la verticalité corporelle, cette position des membres du corps humain, cette « axatation » modelée sur l’univers. Des pieds à la tête, le corps doit être droit, la ligne verticale doit se redresser de telle sorte que les pieds s’enracine dans la terre, s’ancre sur l’axe horizontal inférieur et que la tête pointe vers le ciel, s’étire et se prolonge vers le ciel, se fixe sur l’axe horizontal supérieur. Ainsi, l’homme médian et médiateur du ciel et de la terre trouve sa place dans l’univers, place de l’« entre-deux ». L’homme est ce qui relie les deux Absolus (qui ne sont pas pour autant relatifs), l’alpha et l’oméga, l’origine et l’accomplissement, la naissance et la mort – Dieu étant l’Un, les deux Absolus. S’il y en a deux, c’est que l’homme est au milieu, séparé de l’Un et toute sa fonction, tout son sens est de relier. L’homme relie, l’homme est religieux, sa structure métaphysique est la relation. Dieu est la relation (cf. Lanza del Vasto et Thomas d’Aquin). La loi existentiel de l’homme est l’ordre divin : la relation.

Or, toute philosophie occidentale s’est irrémédiablement fourvoyée en faisant du corps un élément perturbateur, un obstacle sur la voie de la vertu. Les philosophies grecques, dans leurs « exercices spirituels » et leurs cosmogonies, leurs physiques faisaient encore une place à la matière et au corps, mais cette place s’est vue de plus en plus dévalorisée jusqu’à sombrer dans l’oubli. Or, le corps est essentiel à la philosophie : ne pas s’en préoccuper, tenter de l’évacuer, de l’oublier est un grave leurre tant sur le plan purement intellectuel, théorique que sur le plan spirituel, existentiel. Pour le dire un peu brusquement : on ne peut penser « convenablement » sans axer son corps sur celui de l’univers, sans tirer le tête vers les étoiles et les poser fermement les pieds sur la terre. Il s’agit d’un préalable nécessaire à toute activité philosophique, de méditation sur l’ordre, la loi, la Vérité au fondement du monde et de l’homme. L’activité de la connaissance est ainsi intrinsèquement liée à la position du corps. Cela ne s’invente pas. La contemplation du mystère demande et appelle une position corporelle ordonnée à celle de l’univers – la partie dépendant du Tout. Pour penser « convenablement », il nous faut préalablement équilibrer le corps, avoir les pieds sur terre, tirés vers le bas et la tête dans le ciel, tiré vers le haut, les yeux dans les étoiles. Ainsi, le bas du corps retourne à la terre-mère, la partie corporelle s’unie à la terre, et le haut du corps retourne au ciel-père, la partie spirituelle s’unie au ciel. Cet équilibre, cet bi-unité corps-esprit, donne à l’homme total la possibilité nécessaire à son élévation, les conditions favorables à l’activité philosophique proprement dite (sens restreint, pauvre).

par Jahman publié dans : philosophie
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Dimanche 13 mai 2007

Prendre appui sur la réalité. Fonder sur le réel. Se fonder sur la réalité et s’enfoncer dans le réel.

 

 

Les astres nous dépassent, président à notre naissance, notre destinée et notre mort. L’univers est plus fort que nous ! Intégrer l’univers et se désintégrer. Love Mystic revelation

 

C’est un combat, celui de la peur contre l’amour, celui des démons contres les anges.

La peur est à l’intérieur, dans ton cœur et dans ton mental. Débarrasse t’en et ton mental disparaîtra pour laisser être l’esprit. L’apparence du mental camoufle l’essence spirituelle et c’est sous la forme du désir et de la peur (identité corollaire) que sévit le mental. Tout ce qu’il y a à l’intérieur doit laisser place à la lumineuse présence de l’être. Se défaire des images du mental, des désirs et des peurs qui nous hantent jours et nuits sous forme de rêves et de cauchemar. Notre vie n’est que rêvée ou cauchemardée mais dans tous les cas, elle n’est pas réelle, elle n’est pas vécue réellement, elle n’est pas vivante. Notre vie est morte. Nous dormons ! Et les philosophes comme les mystiques nous exhortent et nous pressent à nous réveiller, à nous éveiller à la « réelle présence ». C’est là que l’on perçoit la différence entre un professeur, un intellectuel, un « diseur de vérité », un savant, un connaissant, un « avoirant », tous ces hommes qui ont construit des châteaux de cartes, des prêts-à-penser, des images du réel, tous les pseudo-philosophes qui nous disent « ce que cela est » et comment penser :  « Pense comme cela et tu verra cela » ; entre tous ces solidificateurs du réel, ces mortificateurs de la pensée et de la vie, entre tous ceux qui distribuent leurs connaissances comme autant de vérité révélées ou rationalisées et les philosophes ou mystiques ou maîtres spirituels qui nous poussent seulement à nous réveiller par nous-mêmes, à nous éveiller à la vie et à la pensée, à prendre conscience de notre servitude et de notre endormissement, pour ne pas dire de notre mort. Et la différence est majeure et essentielle : « cela est et est comme cela parce que cela vient de là et se distribue comme cela » (discours rationnels, téléologiques ou fondés sur la causalité) Ce type de discours est une béquille (mais aussi un garde-fou pour tous les abrutis – au sens étymologique) qui nous rend esclaves et endormis. Il est impossible de se sortir du cercle rationnel une fois qu’on a commencé à y participer. Dès que l’on rentre dans ce cercle de la pensée rationnelle, nous sommes pris au piège comme la mouche dans la toile d’araignée. Plus on se débat, plus l’on pense – loin et fort – plus on s’enfonce, plus on s’englue, plus on s’emprisonne. De sorte que ce n’est pas l’araignée (la pensée) mais nous mêmes qui nous nous emprisonnons dans la toile (les pensées) La toile ou les pensées, c’est l’image, la création, le créé. L’araignée n’existe pas, ce n’est rien d’autre que nous-mêmes, ce n’est rien d’autre que Dieu. Penser au-delà de la pensée et de la non-pensée. Etre au-delà de la présence et de l’absence, du vide et du plein, de l’être et du néant, de la réalité et de l’illusion.

Alors, nous faire un discours comme Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Heidegger, Sartre, j’en passe et des meilleurs, cela n’a aucun intérêt. Les hommes éveillés à la vérité ne connaissent pas la vérité, cette vérité car celle-ci est indéfinie mais savent la voir. Il n’y a pas une vérité mais une manière de connaître véritablement. Et peu importe ce que c’est : l’univers, Dieu, la justice, l’amour, la vie ou une paire de chaussures, une banane ou un pingouin ; l’important est de connaître en vérité, de connaître véritablement. La vérité n’est pas un objet extérieur susceptible d’être intentionnalisé ou perceptible, connaissable. La vérité est intégrée à l’intention, à la perceptio(n), à la connaissance. Il s’agit de percevoir en vérité, d’avoir une intention vraie, une connaissance véritable. Car la vérité, du fait qu’elle soit intégrée, intérieure, est comme antérieure au temps, hors de la temporalité, éternelle. L’homme de science, l’homme de l’avoir parle pour dire ce que c’est et comment cela est alors que l’éveillé, le maître spirituel, le philosophe ou mystique indique la voie, montre du doigt, exhorte à nous éveiller, nous sonne comme une cloche face à l’urgence qu’est le sursaut du réveil, il nous fait sortir de notre sommeil léthargique, il nous fait naître, il nous donne une vie nouvelle. Sans nous dire pourquoi, sans nous faire de long discours ennuyeux qui plus est, il agit en nous, imperceptiblement, sans nous le dire, pour que nous nous réveillions. Car cela ne dépend que de nous. On ne peut pas se réveiller à notre place. C’est notre sommeil, notre mort et notre réveil, notre éveil. Discourir longuement sur le vrai, le bien, la connaissance, l’être et l’intellect, Dieu et la vie, cela n’a jamais réveillé quelqu’un. Personne ne sort de la mort par un discours sur ce qu’est Dieu et comment il est et ce qu’il fait et d’où il vient et où il va. Cela contribue plutôt à endormir davantage et à plonger dans un rêve tout bleu les larves d’humains. Image sur images, Impression sur impressions. Statufié, stratifié, imbrifugé, peu à peu nous sommes devenus imperméables et comme momifiés, impossible de voir le réel tellement nos yeux sont devenus incapables de voir, tournés qu’ils sont vers / dans leur rêve : existentialisation des chimères : désirs et peurs.

Découvrir la vérité fait peur et nous le désirons, comme mort (peur) et vie (désir). Allé d’un jet au-delà de peur et désir, de mort et vie

Inflexible, indéfectible foi, avancer vers la lumière, sur ce chemin de ténèbres où les dualités se télescopent, où les contraires s’entrechoquent. Les démons nous assaillent, les illusions, les rêves, les images, les impressions s’insinuent de toute part en nous ; nous laissant nus et tremblant en enfer.

Connaître le réel, c’est abandonner ce jeu (maya) des dualités, ce monde des images créées, c’est se détacher dignement des ténèbres et rayonner la lumière, se laisser emporter par l’enthousiasme divin, cette sage folie. Allons au-delà du par-delà, plus loin que tout le connu, plus loin que le connaissable, au-delà de l’impossible, là où s’arrête le chemin, porté par les ailes invisibles de la foi, du vide et de l’amour, courons, volons vers cette joie qui nous transporte dans la présence mystique du divin et glorieux cœur où fleuri, furieux et radieux le ciel étoilé d’un matin printanier.

Retour, impossible d’empêcher le retour des saisons, de contraindre le reflux vital. Laissons-nous emporter par cette joie divine, cet épanouissement dans le sein matriciel, ce jaillissement spirituel suressentiel de la vie mystique, au-delà des contraires, dans l’unité simple, là où s’arrête les sons, là où aucun mot n’a jamais pénétré, là où seul l’âme du bienheureux nage dans le lac de la béatitude céleste.

 

 

Move to the rhythm of love

Keep your trust in your soul

Les deux ailes en avant.

Larmes d’ange

 

Esprit clair : voir

Retourner, revenir, refluer, s’enfoncer dans le fond du fond sans fond, pénétrer à l’intérieur, au plus profond de notre intimité, (intelligence), de notre profondeur et attendre, disponible sans rien attendre, sans rien demander, sans pensées ni images, le baiser délivreur !

 

Accepter le réel, s’accepter, reconnaître que cela est, la situation existentielle et accepter encore. Paisible, devenir paix par cette reconnaissance, par cette acceptation, par ce non-vouloir, par ce non-désir de changer la situation. Car tous nos malheurs (et ils sont notre, ils viennent de nous) viennent de notre refus de la situation, de refus obstiné et enfantin de accepter ce qui est-comme-cela-est. Nous désirons toujours changer le monde, notre monde, nous voulons toujours que « cela » soit autrement. Et quand [par défaillance] cela devient autrement, nous voulons autre chose, d’autres choses, ailleurs, autrement. Apprécions l’éternel, apprécions ce qui est, maintenant, comme cela est, au-delà du bien et du mal. Car cela est et cette étance est divine, ici et maintenant. Notre cœur doit s’ouvrir sous cette pression. Reposons nous dans l’esprit clair, dans l’esprit de paisible, l’esprit calme et silencieux, l’esprit voyant.

Bienheureux relâchement, l’ego s’évanoui, s’évapore dans une extase éternelle, divin commencement !

Mais il faut le vouloir, « à genoux, en sang », par un renoncement absolu, un abandon total à la volonté divine. Le royaume se prend par la violence. Il faut se faire violence dans ce détachement. La présence est ici, elle est là, maintenant, urgente, pressante, appel sans fin, sans fond, sans fondement, sans pourquoi.

Dieu, tout comme l’homme, est une interface, un pont, tout comme le corps calleux du cerveau.

Eclaircir l’esprit, élaguer, retrancher, abattre, déraciner nos pensées, cure de jouvences, retour à la nouveauté, renaissance cathartique.

 

« Le temps n’a pas d’importance, seule la vie est importante. »

par Jahman publié dans : Le réel
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Lundi 28 août 2006

Après s'être isolé et avoir enlevé toutes pensées fausses ou incertaines de son esprit, après avoir tourné son regard à l'intérieur de soi, on découvre que seul « Je » existe, seule et unique certitude qui, par ce retournement de la pensée sur soi permet la découverte, l'apparition comme nouvelle naissance, d'un autre moi (moi-même). La réflexion sur soi doit amener la réflexion sur elle-même. Ce réfléchissement de la pensée est le fondement de toute connaissance valable car personnelle. La vérité n'est réelle, vraie que « pour moi en présence de moi-même ».

C'est un véritable fondement de sa philosophie que ce processus permet.

Mais ce n'est pas le seul moyen susceptible de produire ce réveil de la conscience intérieur. Beaucoup d'évènements permettent cette véritable contemplation de Dieu. (Rousseau, Pascal, mais aussi transe, extases et drogues qui permettent une modification de la conscience). Mais tout cela est conditionné par l'individu, son histoire, ses dispositions, ses capacités, sa nature propre. Le doute, la solitude, le vide, le néant, l'incertitude totale, l'éloignement (intérieur ou extérieur), la coupure d'avec le monde, le temps et l'espace, autrui, sont assurément des conditions qui privilégient cette séparation d'avec soi-même, séparation intérieure, vision de Dieu dans une lumière des plus pures, accession au contentement dans toute chose, connaissance absolue et foudroyante du monde (matière, réalité, choses, objets) et de l'être.

A partir de là, l' « éveil » comme commencement de l'existence est possible ; cela implique une triple séparation :

•  Séparation intérieure

•  Séparation d'avec autrui (différence, marginalité)

•  Séparation d'avec le monde (vide, réalité fuyante)

Mais cela n'est que temporaire. Certes difficile mais nécessaire, car permettant une réflexion de plus en plus profonde et complexe qui paradoxalement plonge de plus en plus l'homme dans le vide. « Attiré par le vide » (HFT), celui-ci peut commencer sa réflexion, son existence, c'est-à-dire devenir son sujet de recherche comme acte de philosopher au sens le plus pur. La réflexion sur soi-même ou, plus précisément, sur la conscience d'être, ici et maintenant , sur l'activité du cogito cartésien, trouve sa raison d'être, sa justification dans la séparation c'est-à-dire dans la réflexion sur l'extériorité (qui forcément s'oppose à notre intériorité, notre être le plus intime), sur la dualité de l'Un.

La connaissance de toute chose ne doit faire confiance qu'aux idées, qu'à ce qu'étant déjà inscrit en nous comme « réalités pré-existantes », données par Dieu (différent de préjugés, opinions ou connaissances sensorielles, imparfaites). Par la fondation de cette philosophie, l'assemblage de ces connaissances nouvelles, premières et véritables, c'est une nouvelle existence, la création d'un nouvel homme qui advient.

Il est dès lors possible de vivre dans le réel, et cela dans le réel même, c'est-à-dire dans le présent, dans l'éternité, à l'intérieur de Dieu, dans Dieu, « le temps libre et absolu ». Il faut partir du passé pour aller vers l'avenir en vivant dans le présent, dans la présence même de l'être ; car « le temps, c'est l'être » (A. Comte-Sponville). Ce n'est pas le temps qui passe mais l'homme qui le traverse (NAP) Il n'est possible de vivre que dans le présent (la conscience n'a conscience d'elle même qu'au présent, même dans le futur ou le passé, le temps vécu est un instant présent) car le passé n'est déjà plus et le futur n'est pas encore. Mais le présent n'est pas cet instant entre le passé et le futur, c'est plutôt, comme on l'a vu, l'éternité – mais aussi la matière, l'être. Par là on est amené à réfléchir sur le paradoxe d'un être fini (borné par la mort et la naissance notamment) et l'idée d'infini à laquelle on peut attribuer avec Descartes la qualité d'être une idée présente, consciente, existante avant celle du fini, de l'être. C'est cet enferment, cette aliénation de l'homme à sa condition, à la nature (mortel, dépendant, imparfait), que l'on doit dépasser par la réflexion intérieure. La liberté, le libre-arbitre mais aussi la conscience d'être et d'être un être pensant, n'ayant pour seule connaissance que la substance même des chose, peut permettre à la puissance de devenir acte et, par là, d'exister dans le réel même. Mais, être présent au monde, à la réalité implique de concentrer son attention (mais aussi et d'abord son intention), sa vigilance, sa pensée à la seule présence de l'instant vécu comme éternité.

D'autre part, sachant la pensée créatrice de réalité et de vérité – vérité pensante, personnelle car toute vérité n'est vérité qu'à, par et pour soi-même dans le présent – il faut être prudent dans ses choix (libre-arbitre). Les passions, les sensations, les émotions sont pourvoyeuses en informations riches et souvent mal appréhendées et perverties. Il faut donc s'en méfier et les utiliser avec le concours de la volonté et de l'intellect.

par Jahman publié dans : Temps
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